KikouBlog de philtraverses - Novembre 2009
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ma diagonale

Par philtraverses - 18-11-2009 18:51:40 - 7 commentaires

Ceci n'est pas un cr de la diagonale des fous. ça n'en a ni le gout ni même l'apparence.

Dos d'ane samedi 24 octobre . Dans la journée. Quelque part à la réunion. Un  choc sur  mon visage me fait sursauter et me réveille. Je viens de me cogner contre un autobus arrêté au bord de la route. je courais sur la route en dormant . Quelques jolies filles qui passaient s'esclaffent. Je corresponds sans nul doute à l'image du fou qui arpente  les sentiers de la diagonale : hagard les yeux exorbités paraissant 20 ans de plus que son age. Ils peuvent être fiers de leur course le réunionnais.

Au bout de plus de 30 h de course je suis réunionnais, pardonnez moi. Je suis aussi guadeloupéen et martiniquais et d'ailleurs.

 

je suis un apatride lancé dans la nuit. Au ralenti. La ligne d'arrivée est la seule patrie à laquelle j'aspire. 

Je me souviens des cirques de mafate et cilaos et de leur voluptueuse intransigance qui ne pardonne pas, des chemins tortueux et sans pitié qui ont fait résonner le tam tam de mon coeur qui bat désespérement et vainement dans le vide et essaie de survivre.

Je me souviens de la pensée qui tourne à vide et s'émeut d'un brin d'herbe qui frissonne au soleil et qui s'émeut aussi d'un visage si beau et si fatigué que même la mer en serait émue , de la pensée qui tourne en rond comme un prisonnier dans sa cage dans la nuit, de la pensée écartelée entre des désirs et des impressions contradictoires, en finir, arriver, rester la, 

 

je me souviens des odeurs fauves des corps après 24 heures de course dqui épouse celle de la plaine des sables, celle de la végétation, celle des volcans dont le grondement souterrain parvient jusqu'à moi à travers mes pieds meurtris

 

je me souviens des cheveux d'archange que la brume qui s'effiloche laisse ironiquement fondre au soleil  sur les flancs du volcan percés de milles éruptions depuis la nuit des temps

 

je me souviens du désarroi de ceux qui abandonnent après être venu de si loin, une pensée émue quelques paroles articulées tant bien que mal, un peu d'attention et la course continue 

Je me souviens des rencontres fugaces auprès d'un verre de soupe chaude, des yeux fatigués croisés sur le chemin, des yeux qui demandent grace et qui pourtant sont si heureux d'être là, de ces yeux bruns, bleux verts, noirs qui disent je reviendrai et qui débordent d'humanité et de fragilité, ce qui est un pléonasme

De cette fille dont j'aurais pu tomber amoureux si je n'étais pas moi et si elle n'était pas elle.

De toute cette chaleur humaine qui se dissipe inutilement, source d'énergie inépuisable qui pourrait changer le monde si elle se prolongait au dela de la nuit 

je me souviens de la nuit dans la course qui fait qu'il n'y a plus ni noir ni blanc ni riche ni pauvre ni hiérarchie, de cette  magie qui fait que tout le monde se retrouve dans une joyeuse utopie du tous égaux et libres tous frères 

Je me souviens de cette trève, de cette parenthèse qu'est la course dans la guerre du quotidien.

Le tam tam des esprits bienveillants de la nuit me guide alors que je me perds en moi même, m'accompagne dans ma solitude et mes visions. La nuit me parle, comme une douce caresse. La forêt penche ses branches sur moi, compatissante. Le vent essaie de soulager mes blessures à la cheville et aux pieds, vainement. Quelques paroles dans la nuit, d'anonymes comme moi, me redonnent une cohérence et une identité.

J'arrive à la redoute quelque part samedi 24 dans la soirée. Le temps est anecdotique. Je reste dans le stade. La parenthèse doit durer avant de rejoindre le quotidien qui m'attend.Je n'ai eu aucune émotion à l'arrivée, je suis vide, enfin débarrassé de mon moi.

 

Alors qu'une fois revenu à mon hôtel le sommeil me gagne me reviennent ces vers de victor hugo "ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent" sur lequel un prof de français nous avait fait disserter.

 

Je pense ne pas être le plus mal armé sur le plan compétition dans la vie, notamment sur le plan professionnel .. Pourtant et alors que je n'avais pas pleuré à l'arrivée les pleurs arrivent enfin, libérateurs et bienfaisants et m'accompagnent dans mon sommeil

 

 

 

 

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non blague

Par philtraverses - 18-11-2009 06:52:03 - 1 commentaire

...

quelle est la différence entre les piles et la mémoire : 

 

la mémoire ne s'use que si on ne s'en sert pas 

 

déjà dit ? 

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