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piratage

Par philtraverses - 16-02-2020 14:57:54 - 5 commentaires

J'ai été récemment victime d'une mésaventure à laquelle je ne m'attendais pas et qui n' a peut-être pas encore trouvé son épilogue. Je pensais que ceci ne pouvait m'arriver. J'ai toujours pris des précautions, j'évite de cliquer n'importe où et n'ouvre jamais les messages suspects émanant soi disant des banques, des impôts ou autres.

Le 5 février. 17h05. je n’ai plus accès à ma boite mail orange, mes mots de passe viennent d’être changés. Les adresses mails de contact et le numéro de téléphone sont aussi modifiés.

17h30, j’essaye de me connecter sur mon profil facebook. Oh surprise, apparait sur la page d’accueil la photo d’un individu qui n’est pas moi, se disant légionnaire à Thionville.

Je m’apercevrai plus tard qu’il a effacé de nombreuses publications récentes dont celles notamment sur ma traversée des alpes. Je signale la situation à FacebooK. Manifestement, ils ne prévoient pas la situation du type qui, tel un coucou se glissant dans le nid d’une mésange, s'insèresur le profil facebook d’un autre. Pour eux tout va bien et ils refuseront ensuite de répondre à mes messages.

Il ne me reste plus qu’à solliciter mon fournisseur d’accès internet pour qu’il m’envoie un mot de passe provisoire pour récupérer mon compte mail. Ce sera fait une semaine plus tard.

Je change ensuite tous mes mots de passe, mes moyens d’accès mails et téléphone. Je récupère ensuite mon profil Facebook, vire tout ce que l’individu a mis, sa photo, sa bio.

Je m’apercois ensuite qu’il a envoyé de nombreux messages à des femmes d’âge mur pour devenir leur ami, sans doute pour abuser d’elles, financièrement ou pire. Certaines ont répondu. intéressées. Il faut dire que la photo, prétendument celle du type en question, est assez séduisante. Plus jeune que moi.

Je vire tout les messages de ces femmes, supprime les invitations adressées par l'individu à ces personnes, supprime ces femmes en tant qu’amies Facebook. J’avertis toutes celles qui répondent de la situation et leur demande de cesser tout contact avec moi.

Peu à peu je réinstalle ce qui a été supprimé. J'enrage et j'angoisse à l'idée qu'il a eu accès à mes contacts, mes messages sur messenger, qu'il a pu, en se faisant passer pour moi, nuire à d'autres personnes et donc me nuire si l'on remonte à mon profil. Il a porté atteinte à ma vie privée. Porter plainte? est ce vraiment utile. Trop long, trop compliqué, sans doute vain ? Ce piratage quand même élaboré puisqu'il a été actif avec mon compte est il lié à ma profession et a t'on voulu me nuire par ce biais. ou se venger? 

Une semaine après je m’interroge sur ce qui s’est vraiment passé. Comment a t’on pu récupérer ainsi mes mots de passe. Je suis sur mac, système censé être sur. ? Ai je cliqué sur le lien qu’il ne fallait pas malgré mes précautions? . Le saurai je un jour? Cela peut il recommencer? 

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jaloux des pyrénées

Par philtraverses - 11-09-2018 06:25:58 - 6 commentaires

La jalousie est un sentiment qui ne m’est pas étranger.
Je l’ai longtemps confondu avec l’amour.
Sans doute une vieille réminiscence de mon enfance, durant laquelle mon père me manifesta un certain désintérêt, pou ne pas dire une certaine indifférence, malgré tous mes efforts pour essayer de capter son attention.

Il y aurait à raconter dessus et les longues heures passées sur le divan à tourner en rond dans les méandres de ma mémoire n’y ont rien changé.
Je suis et reste jaloux .


Il en est ainsi des Pyrénées.
J’ai commencé à randonner dans les Pyrénées à l’âge de 10 ans.
Ma famille habitait alors à Pau.
Je me souviens de la première fois, un peu comme un rendez-vous.
Il faisait nuit, il était tôt, la fébrilité dans le chargement de la voiture, les yeux rougis de sommeil, mon père tendu et angoissé, comme toujours, sur notre dos, surveillant tous nos faits et geste, angoisse qu’il m’a légué comme un fardeau.
La carte d’état major de l’armée dépliée sur la table, l’itinéraire étudié longuement par mon père et souligné en rouge.
Il n’y avait pas à l’époque les sentiers surlignés en rouge par l’IGN.


Venait le voyage.
La première fois, ce furent les lacs d’Ayous.
Je me souviens de l’arrivée au parking de bious- artigues. Les odeurs, les couleurs, tout se mélange dans ma mémoire, les carillons des vaches, le frisson de la brise matinale sur le lac de bious artigues, les branches des arbres amicales racontant des histoires à dormir debout.
Une émotion impalpable m’animait alors, mon coeur battait plus vite.
Un seul sens mêlé, les odeurs ont des couleurs, les sons des odeurs, les couleurs ont des odeurs. Nous partions doucement. Je piaffais d’impatience, je voulais aller plus vite, voir derrière cette ondulation de terrain ce qu’il y avait.
Mon père passait son temps à nommer ce que nous rencontrions et ce qui nous entourait, les sommets, les cols... Il s’arrêtait longuement devant les traces des animaux et s’attachait à identifier l’espèce à l’origine de ce terrier, de ces crottes. .


Il me reste de cette période une certaine répugnance à identifier et nommer les sommets, les cols, les montagnes à identifier les animaux, leurs traces et je reste imperméable aux informations qui me sont données sur tout ces points et ne les mémorise point. Un blocage parmi d'autres;


Je préfère rester dans le flou le vague. Après tout ce sont les hommes qui ont donné des noms arbitraires aux sommets et aux cols mais ceux-ci n’ont rien demandé et le nommage n’est qu’une création humaine, une tentative de l'être humain, en nommant, de prendre la maitrise de son environnement sur lequel il n’a en réalité aucune maitrise, si ce n’est pour le détruire méthodiquement..


Je restais admiratif quant à moi devant la puissance des vaches et des chevaux presque sauvages, contrastant avec leur caractère paisible
Les minutes, durant lesquelles nous nous acheminions vers notre objectif du jour, le premier lac d’Ayous, s’écoulaient, étaient des heures, des siècles. L'impatience, autre affect qui me caractérise.


Lorsque le lac n’était plus loin, mon père me permettait de partir devant. Je m’enfuyais alors en courant, loin de cette pesanteur familiale, de cette indifférence que me manifestait mon père et qu’il me manifeste encore.
Mon coeur battait à se rompre, mes muscles perdaient peu à peu leur force et j’arrivais enfin au lac tant espéré, tant désiré.


Arrivé tôt, j’y étais généralement le premier. Je me l’appropriais, le faisais mien et pour mieux l’étreindre et l’aimer, je gravissais un des sommets parfois raides le dominant en m'aidant des mains, en m'agrippant aux herbes. La chute pouvait être dangereuse.


Mes parents arrivaient peu après. Je restais à côté d‘eux et ne participais nullement aux conversations familiales qui m’ennuyaient.
Je rêvais.
L’heure du pique nique arrivait enfin.
Ma mère déployait la nappe, les provisions.


Après le pique nique, je courais autour du lac, explorais encore les environs, regardait dans le lac les vairons nager au bord de la rive.
Venait l’heure fatidique du départ et la redescente dans la vallée et vers la voiture.


Tout le long de la descente, j’étais triste, je me demandais quand j’allais revoir le lac, sentir à nouveau ces odeurs, voir ces couleurs, ces sommets, ces cols, que je ne voulais surtout pas nommer par opposition avec l'attitude de mon père. Nommer me semblait être un obstacle entre moi et mon environnement, cette montagne qui m'enveloppait. Je voulais ne pas avoir la maitrise, me laisser faire. Nommer n'est pas forcément connaitre, formule qui passe au dessus de la tête, je le conçoi aisément.


Après le lac d’ayous, ce furent le lac d’estom, puis le lac de Gaube et toujours le même scénario, et aussi le lac d’Isabe, méconnu.


Toute ces randonnées dans les Pyrénées furent une parenthèse enchantée dans mon enfance qui fut généralement triste, ou que je ressentis en tout cas comme telle, ponctuée par l’indifférence de mon père à mon égard, contrastant avec ses colères lorsque je lui tenais tête et essayais de m’affirmer, avec mes faibles armes d’enfant.


Si dans ma famille, rare furent les moments à partir de l’âge de 10 ans où je me sentis chez moi, sentiment d’être un étranger partout, une pièce rapportée, de ne faire partie de rien, de ne pas être reconnu, de n'avoir aucune filiation comme disait ma psy (cf tteavaux de melanie klein, cyrulnik et autres), qui ne m’a jamais quitté et me hante tous les jours, en revanche, je ressentais la montagne comme étant ma maison, mon chez moi. Ma petite résilience à moi.

C’est ainsi que j’ai compris qu’il y a peu de chances que je fasse des trails dans les Pyrénées et que je n’y prendrai aucun plaisir. 
Car je suis jaloux des Pyrénées. 


Quoi, partager mes Pyrénées, ces montagnes que j’ai arpenté dès l’âge de 10 ans, avec des gens qui n’étaient alors même pas nés et qui bien sur vont arriver avant moi sur la ligne d'arrivée.
Ressentir les mêmes sentiments, admirer les mêmes lacs, les mêmes sommets, que je serai incapable de nommer, être en concurrence sur ces sentiers que j’ai arpenté, gravi dans mon enfance, puis encore plus tard à mon adolescence, en élargissant le cercle de mes découvertes montagnardes.  


Ce sentiment de jalousie, que la plupart ne connaissent pas et qu’ils ne comprennent sans doute pas, m’est insupportable, me serait insupportable. D'aucun diront, à juste titre, que c'est mesquin. Je voudrais être capable de partager. Mais si j'en suis capable dans beacoup de domaines, tel n'est pas le cas lorsqu'il s'agit des Pyrénées.

De plus, j'ai comme handicap de ne pas y être né, de ne pas être resté au village, en bref de ne pas être Pyrénéen. Je suis donc un étranger pour les Pyrénéens et les étrangers aux Pyrénées me considèrent comme un des leurs, ce que je ne veux surtout pas être. Or, je ne suis ni Pyrénéen, ni étranger aux Pyrénées. Je ne suis donc nulle part et de nulle part.  

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le bureaucrate

Par philtraverses - 24-02-2017 20:05:17 - 5 commentaires

La force du temps qui passe,
aussi puissante qu’un glacier,
avançait doucement, mais surement,
rabotant les replis de ma mémoire,
polis et repolis par les habitudes.

Je glissais doucement dans la multiplicité,
de mes émois à présent désincarnés,
et l’aube filtrant à travers mes paupières,
laisser perler comme des larmes,
les désirs inaccomplis, les rêves inassouvis.
 
Les vies que j’avais rêvé d’avoir,
comme des mirages s’éloignaient,
tandis que la musique du temps qui passe,
avec cruauté, comme un poignard,
excitait la plaie jamais refermée,
des élans réfrénés, des baisers refoulés.
 
Je me rappelais les vies que je voulais avoir,
et enfermé dans mon bureau,
je ne savais plus qui j’étais,
et si le visage que je voyais dans la glace,
fané et désemparé, était bien le mien,
si c’était bien moi qui avait rêvé,
ces vies qu’il était trop tard pour avoir.
 
M’abrutissant dans les profondeurs des dossiers,
Je finissais par ne plus vouloir savoir,
ce que j’avais rêvé d’être, et je voulais oublier à jamais,
les récits d’aventure, les exploits d’alpinistes,
et d’explorateurs, dont mon enfance s’était nourrie.
 
Je pensais à Paul Émile Victor,
Haroun tazieff, lionel terray,
tout ces conquérants de l’inutile,
chantal mauduit, raymond maufrais,
déplacés dans ce monde matérialiste,
et qui feraient aujourd’hui la risée,
des bien pensant cramponnés à leur smartphone,
et leur gadgets derniers cris,
que j’invoquais à mon secours,
pour me sauver,m’aider à me retrouver,
en vain.
 
Il ne me restait plus qu’à rentrer chez moi,
abruti de fatigue,
me complaisant dans l’insignifiance,
insignifiant parmi les insignifiants,
le soir fatidique enfin arrivé,
j’allais me cacher chez moi,
bureaucrate besogneux,
terne, rasant les murs,
inexistant, que plus personne, enfin, ne remarquait.

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L'ère du vide

Par philtraverses - 28-01-2017 11:14:38 - 4 commentaires

Ceci est un pamphlet 


Ma religion était faite depuis longtemps. Mis à part quelques, rares, sites d’utilité publique, internet était devenu un grand village, ou les ragots, les rumeurs, présentées comme des vérités plus vraies que vraies, foisonnaient. où les plus bas instincts étaient flattés.

La nature humaine, faite de jalousies, d’égoïsmes, de bassesse, je ne suis certes pas rousseauiste, s’y donnait libre cours. Je retrouvais désormais sur internet tout ce que j’entendais dans les tribunaux, ce que j’y lisais dans les écritures des parties. La mauvaise foi, le mensonge, ..la dissimulation. Je n’étais pas dépaysé, presque en terrain familier.

Mais avec des concepts comme anti politiquement correct et anti pensée unique, on avait désormais touché le fond. Les tenants de ces concepts s’offusquaient de ce qu’il soit désormais interdit de toucher les fesses des femmes dans les métros, de les insulter et de les traiter de pouffiasses lorsqu’elles remballaient les auteurs de compliments dont elles n’avaient que faire,

Ils se choquaient de ce que désormais on lutte contre le harcèlement à l’école. Il fallait bien laisser ces chères têtes blondes régler leurs problèmes entre elles et tant pis si de temps en temps l’un d’entre eux ne pouvait plus supporter et n’avait d’autres solutions que d’en finir. Ils étaient courroucés à l’idée qu’on ne puisse plus désormais infliger de punition corporelle aux enfants, dont pourtant chacun sait qu’elle est juste un défoulement des adultes dépassés par leur progéniture et donc incompétents, alors que la punition corporelle ferait partie de la culture Française.

Ils se choquaient de ce que désormais, les clients des prostituées soient verbalisés: quoi c’est mal que le corps humain soit considéré comme une marchandise et que la personne qui est derrière soit niée ? Il s’offusquaient de ce que les femmes cherchent à devenir les égales des hommes et être traitées de la même manière que les hommes en terme d'attitudes et sur un plan matériel.

Ils étaient courroucés à l’idée qu’on ne puisse plus être racistes, homophobes, qu’on ne puisse plus polluer en paix en prenant sa voiture pour aller chercher son pain à 100 m de chez soi, qu’on soit verbalisé si on commettait des excès de vitesse, qu’on ne puisse plus faire des queues de poisson aux véhicules trop lents sur l’autoroute, même si on s’aplatissait devant celles des camions, loi du plus fort oblige..

Ils étaient courroucés à l’idée qu’on ne puisse plus traiter les homos de.. et les maghrébins ou Beurs de..

Ils refusaient de prêter secours aux plus faibles et d’accueillir la misère, recroquevillés sur leurs maigres privilèges et prérogatives. Ils ne se choquaient pas de ce que le traitement de la crise des migrants ait été sous traité à un autre pays que je ne nommerai pas et soit donc totalement occulté ou forclos au sens lacanien du terme..

Ils étaient choqués que l'on se préoccupe du sort et de la souffrance des animaux dans les abattoirs.

Ils étaient pour que l'on reste entre soi, entre gens qui se ressemblent, ont la même religion, la même couleur de peau, la bonne. Il fallait fermer toutes les portes, toutes les frontières se reproduire entre soi et tant pis pour la consanguinité..

Ils accordaient plus de crédit à une rumeur publiée sur internet, à un tweet, qu’à un article de journal et n’entendaient que ce qu’ils voulaient entendre. Tout ce en quoi ils ne croyaient pas, partagé par leur petit cercle, était devenu inaudible.. 

Ce qui était devenu important n'était pas ce qui était dit, mais qui le disait et à qui. 

A croire que ce qu’on entendait dans les tribunaux, la manière dont les gens s’y comportaient, était descendu dans la rue et s’était généralisé à la société toute entière, sur internet. Quelque chose de familier en somme. 


En référence à Gilles Lipowetsky qui avait déjà tout dit, un de mes livres e chevet quand j'étais étudiant

https://fr.wikipedia.org/wiki/L'%C3%88re_du_vide

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un ilot perdu dans un océan de contraintes

Par philtraverses - 03-08-2016 10:17:45 - 3 commentaires

 

Les Pyrénées, mon refuge, presque une raison d'être. plus de 40 ans que je les arpente, depuis que mes parents, alors que nous habitions à PAU, m'emmenèrent aux lacs d'Ayous. Je découvrai, émerveillé, ces larmes nichées dans une terre ingrate. Depuis le virus ne m'a plus quitté. Je marcherai dans ces hautes terres jusqu'à ce que mort s'ensuive, mes cendres dispersées sur un de ces sommets émergeant dans la mer de nuages.. 

Des traversées des Pyrénées, j'en ai fait: Gr10, Gr11, Hrp, et diverses variantes. 

Aussi, lorsque fut lancé l'idée de la Transpyrénéa, je me dis que cette course était faite pour moi et je me lancai. Malheureusement une mauvaise sciatique, apparue en Février, ruina mes espoirs: je ne pouvais plus m'entraîner correctement.

Je décidai de vendre mon dossard à prix cassé et, heureusement, il se trouva un acquéreur. Bien m'en a pris, vu la façon dont les choses ont été organisées et les incroyants, ceux qui n'ont rien compris à l'esprit qui a toujours bon dos, traités par le mépris, rappelant étrangement le discours de certaines obédiences, que je ne nommerai pas.. 

Je restais toutefois sur mon idée de traverser les Pyrénées. J'organisai donc cette nouvelle traversée. Là encore les choses se présentaient mal puisqu'au cours d'un footing, je tombai lourdement et me fracturai plus ou moins deux côtes.. 

Malgré cette adversité, je pris le départ. De ce périple, parenthèse alors que m'attendent de nouvelles échéances et enjeux professionnels et familiaux, restent ces 214 photos de pietre qualité, que je ne commenterai pas, de mes 20 jours de marche, de Hendaye à Planès.

L'aventure a pris fin, pour une histoire de pieds, trop douloureux après les jours de pluie sur les crêtes d'iparla et au pays basque, les orages au dessus du lac de l'oule, et les jours de canicules..

Je sais déjà que je reviendrai car d'autres traversées m'attendent  

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dernier choix

Par philtraverses - 28-03-2016 12:39:33 - 7 commentaires

En fouillant dans les souvenirs et écrits de mon frère, je ressors ce vieux manuscrit jauni dont je tire un extrait. Celui du roman qu'il n'a jamais écrit. Car il n'en eut jamais la force. Celle de dominer ses sentiments, de les canaliser, par cet artifice qu'est la littérature. Ecrire, suppose de parler de sentiments qu'on a pas ou plus. Sinon on ne pourrait pas écrire. C'est le paradoxe de l'écriture. Les sentiments dans la littérature, sont des planètes mortes dont la lumière nous parvient des années après..

"En regardant koh lanta ce soir là, il me revient des souvenirs et une expression, qui résume ce qui sera ma vie. Dernier choix. Il s'agit ce soir là de la composition des équipes. Il y a ceux qui sont choisis en premier et puis les derniers choix, les laissés pour compte. Quant bien même ils sont pourvus de quelques talents, comme l'avenir le montrera, comme celui d'allumer du feu.

Nul ne sait ce qui préside au choix des individus dans la composition des équipes. Je regarde attentivement ce qui se passe. J'essaie de sonder la profondeur abyssale de ce mystère. J'ai usé mes yeux à force de lire ce qui s'écrivait sur le sujet. J'ai déjà tout oublié de ce verbiage d'usurpateurs. Je ne retiens plus qu'une chose : Ce ne sont pas forcément les plus forts ni les plus beaux qui sont choisis en premier. Quoique. Non. Il y a quelque chose de l'animalité dans les choix de son ou de ses partenaires, peut être, sans doute, les phéromones, ces fameuses odeurs indétectables consciemment, mais qui joueraient un rôle et seraient perçus par notre cerveau reptilien. Pas d'explications rationnelles en réalité, même si on tente d'en plaquer à posteriori.

Dernier choix. Quelle odieuse expression. Me reviennent alors des souvenirs désagréables de mon enfance. Enfance désagréable. Dont j'ai du mal à dégager quelques souvenirs de bonheur. Pléonasme en ce qui me concerne. Bien sur, les psys, pourvoyeurs de normalité, ci devant grands censeurs, Robespierre de la psyché, ne pourront se retenir d'esquisser un sourire narquois qu'ils cacheront derrière leur petit doigt, ou leur feuille de papier, sur laquelle ils prennent distraitement quelques notes, entre deux assoupissements, impatients que la séance se termine, neutralité bienveillante qu'ils appellent.

Mon père était militaire et je changeais souvent d'école, tous les deux ou trois ans environ. Arriver au milieu de l'année après avoir perdu le bon copain que je m'étais fait avec difficulté, n'était pas chose facile. Etre l'objet de la curiosité, plus ou moins bienveillante de pré ados, quand on est timide et discret et qu'on aime pas se mettre en avant, ce qui était mon cas, est une expérience que je ne souhaite pas, même à mon pire ennemi. En outre, d'expérience, je savais que les premiers qui iraient vers moi, seraient ensuite mes ennemis. Cette règle s'est toujours vérifiée, même à l'âge adulte.

Bien sur, au mieux, le professeur principal de la classe ou j'échouais, tel un navire à la dérive, essayait de m'intégrer et je devais me présenter, dire d'où je venais. Etc. Bref le folklore habituel. Je savais que j'avais quelques heures, juste une matinée, pour m'intégrer, plaire, qu'après, il serait trop tard, car les prépubères n'ont pas cette patience que feignent d'avoir les adultes.

Mais il était toujours trop tard. Je n'avais pas ce charisme, ce magnétisme animal qui fait que vous vous intégrez rapidement et que vous plaisez aux autres. Ou encore cet instinct qui fait que vous acceptez d'être le vassal du dominant de la classe et vous plongez avec délectation dans l'oubli de vous même, et adoptez les postures du dominé, que les vendeurs automobiles connaissent bien, pour les avoir apprises dans quelques cours de vulgarisation mal assimilés, dont l'unique objet est, dans une relation dominant dominé, d'amener le client potentiel à abandonner toute rationalité pour acheter même s'il n'en a pas les moyens financiers.

Bref. J'allais en concevoir, plus tard, à l'âge adulte, une méfiance justement pour les personnes charismatiques qui malgré leurs efforts pour rentrer dans mon cercle intime, si l'envie fantaisiste leur en prenait, sans doute pour avoir un objet sur lequel ils pourraient exercer leur appétit de domination, se verraient toujours systématiquement rejeter à la périphérie.

Le sport, les jeux collectifs, étaient la pire situation à affronter. Particulièrement le hand ball, que je détestais plus que tout. Venait le moment fatidique de la composition des équipes. Je savais que je serais inéluctablement le dernier choix. Bien sur, le professeur de sport allait toujours dans le sens du courant dominant, celui du plus fort, et désignait invariablement les deux meneurs de la classe pour composer les équipes. Pau à peu, le rang de ceux qui attendaient leur tour d'être choisi, se dégarnissait. Je restais alors, invariablement, le dernier dans le rang. Même quand on ne m'avait pas vu encore jouer. Il est vrai que j'étais nul en sport collectif. Quand on m'avait vu jouer, il était normal que je sois le dernier choisi. Mais avant ? . Il devait y avoir cette sorte d'instinct animal qui faisait que, rien qu'à me voir, on pressentait que j'étais nul.

Peut être y avait il l'odeur que je devais dégager, celle de la poisse, une angoisse mêlée de peur, un mélange d'espérance, celui d'être enfin choisi, désiré, et de peur, celle d'être choisi, car je savais que je ne serais pas à la hauteur. Toute l'histoire de ma vie. Où peut être était ce l'expression de mon visage ou de mes yeux.

Plus tard à l'âge adulte, les choses se répéteraient indéfiniment, que ce soit sur le plan professionnel ou autre. Une fatalité, contre laquelle je ne pouvais rien. Pire, qui devenait désirable, car connue, et comme telle rassurante. Plus que la peur de l'inconnu, qui aurait été, d'être, pour une fois, the one, le choisi."

Je referme doucement ce manuscrit de mon frère aux pages jaunies. Jusqu'à la prochaine fois

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caricatures, l'esprit francais

Par philtraverses - 24-09-2015 16:40:21 - 4 commentaires

Régulièrement, les sondages montrent chez les Français un sentiment négatif d'inquétude, un pessimisme ambiant, un repli frileux vers un passé jugé forcément plus glorieux et meilleur que le futur, qui s'annonce certes tout sauf radieux.

On pouvait s'attendre à tout sauf à ça, dans un pays où tout citoyen, à condition qu'il effectue les démarches pour ce faire, peut bénéficier du RSA, soit 524,16€ pour une personne seule au 1er septembre 2015, ainsi que d'allocations familiales, ressources le faisant passer comme étant riche comme cresus pour la population de la plupart des pays du monde.

Loin de moi l'idée de dire que nous sommes des nantis par rapport aux millions de personnes qui meurent de fin, entre autres, pour ne parler que de l'aspect matériel et de chercher à culpabiliser qui que ce soit.

Il faudrait simplement être apte à regarder autre chose que le bout de son nez, savoir faire preuve d'empathie et se mettre à la place des autres, les victimes tout au moins, les autres n en ont pas besoin, et arrêter de se plaindre, pour s'apercevoir que nous sommes loin d'être les plus malheureux. Moi le premier.

Alors pour une fois, regardons le verre au tiers plein. Parler de verre à moitié plein serait un abus de langage.  

L'esprit Français, c'est  aussi l'attachement à nos nobles institutions, qui font de nous ce que nous sommes.

D'abord raler, c'est un sport national.

Il est intéressant ensuite, pour savoir ce qui compte vraiment pour les Français, quel est leur terreau commun, ce à quoi ils sont attachés de manière compulsive et irrationnelle, de s'arrêter aux résultats de sondages nationaux, révélateurs d'une forte résistance au changement de nos compatriotes et, surtout, d'une forte nostalgie pour ce qui semble incarner le glorieux passé. 

Le service militaire : à 90% les Français se prononcent pour un retour au service militaire :http://www.sondagenational.com/#page-0. Sur ce point, il avait un aspect positif en ce qu'il permettait le brassage des différentes couches sociales et participait au sentiment d'être Français.  

le culte de la voiture : 60% des Français sont pour la supression du permis à points. Ah mais c'est quoi ces empêcheurs de rouler comme bon nous semble!! idem pour l'augmentation du nombre de radars automatiques sur les routes: 78% sont contres. Contre encore, le fait d'abaisser la vitesse sur les autoroutes à 90 km/h. 

Le culte du diesel: 88% sont contre une augmentation de la taxation du diesel dont toutes les études, en tout cas dans leur grande majorité, dès lors qu'elles sont menées par des scientifiques indépendants des lobbys puissants en ce domaine, s'accordent à dire qu'il est nocif pour la santé et au surplus cher puisqu'importé en quasi totalité car non produit en France. 73% encore, sont contre la supression du diesel dans les grandes villes.

La fessée: 68% des Français contre l'interdiction de la fessée!!, dont on sait pourtant qu'elle n'a aucune valeur éducative qu'elle est même contre productive puisqu'après la fessée à lzquelle finit par s'habituer l'enfant, what else ? quel moyen d'action sur l'enfant, sinon la maltraitance? Elle sert juste à défouler les parents impuissants devant leurs garnements, qui ressentent après coup un sentiment de culpabilité et n'ont de cesse ensuite de se racheter en gatant leurs enfants. Pour avoir été parent, je pense être légitime à l'affirmer. 

72% contre la libre circulation schengen. Autant dire qu'après ça il n'y a plus d'Europe et que le rôle de l'Europe se réduira à réglementer la taille et la couleur des ailes des mouches . D'aucuns diraient à enculer les mouches en vol, ce qu'elle sait d'ailleurs fort bien faire au demeurant.

Je ne parlerai pas du nucléaire auquel les Français vouent le même attachement irrationnel viscéral et trouvent toujours de bonnes justifications dont la moindre cherté de l'electricité, ce qui au vu du prix de la construction du nouveau réacteur et de la répercussion qu'il aura sur les factures, prête à rire. 

D'une manière générale, le non l'emporte pour tous les projets de réforme, quel qu'en soit le domaine..  

C'est donc notamment ça l'esprit Français, sa spécifité et esprit de résistance. En son temps Michel Crozier parlait déjà de société bloquée. 

Comme quoi, ce n'est pas parce qu'un discours est majoritaire qu'il est vrai. 

Dans cette vidéo, Vincent Lindon remet à sa place un conducteur agressif qui illustre à merveille le culte voué à leur bagnole par les Français, en lui rappelant l'essentiel. Euh pas tous les Français Clin d'œil  

 

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l'été n'est pas féministe

Par philtraverses - 21-06-2015 13:49:21 - 2 commentaires

 

Non l'été n'est pas féministe.

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je ne ferai rien

Par philtraverses - 24-01-2015 13:12:21 - 9 commentaires

Petit divertissement en prose écrit en 10 mn, librement inspiré du temps présent 

Je garderai mes révoltes pour moi,
mes désespérances, mes rêves,
d'un monde meileur,
le soir, dans le train,
j'entendrai, comme d'habitude, des propos malveillants,
des conversations ordinaires,
sur les étrangers, les sdf, les chomeurs,
l'expression de la haine ordinaire,
en toute bonne conscience,
qui ne se cache même plus,
je courberai la tête, je baisserai les yeux,
je ne ferai rien,
chez moi, à la télé, j'entendrai parler,
comme d'habitude, de ces peuples d'amazonie,
et de ces inuits du grand nord,
qui ont perdu leur mode de vie,
et se suicident lentement,
se saoulant consciencieusement,
en regardant leur mort en face,
programmée d'avance à la télé,
et je ne ferai rien,
je verrai, comme d'habitude, ces plages souillées,
et ces paysages de l'arctique,
à peine connus et découverts,
et déjà souillés par l'appat du gain,
la recherche fébrile de pétrole et de gaz,
pour ne pas se donner la peine,
de chercher des alternatives,
il n'y a pas de temps à perdre,
c'est la religion de l'instant présent,
qui guide tous nos actes,
une forme de fanatisme,
plus forte que la raison,
et je ne ferai rien,
je saurai aussi, comme d'habitude,
l'histoire de ces enfants,
d'asie et d'ailleurs,
qui n'ont plus de destin,
du menu fretin,
qui fabrique mes chaussures de sport,
mes vêtements bon marchés,
qui pour certains meurent à 15 ans,
tout au plus,
sans avoir jamais connu l'amour et dans la solitude,
une fois qu'ils sont trop fatigués pour produire,
au mileu des déchets de la ville,
et je ne ferai rien,
Comme tout le monde, comme d'habitude, je sais,
que des milliers d'éspèces animales et végétales,
que l'on ne découvrira jamais,
qui auraient pu tant nous apprendre,
nous apporter pour nous soigner,
nous en apprendre sur l'évolution,
chaque jour disparaissent,
que les fiers gorilles, les majestueux tigres,
les puissants éléphants, disparaissent dans l'indifférence,
et ne seront bientôt plus que dans les zoos,
pour la plus grande joie des enfants,
mais qui s'en soucie ?,
car le combat entre les puissances de l'argent,
qui incitent les pauvres à détruire leur patrimoine,
animaux, forêts, mers, lacs, vallées,
pour trois frans et six sous,
et les hommes de bonne volonté,
est perdu d'avance, comme l'histoire le démontre,
et je ne ferai donc rien,
j'apprendrai par la télé,
qu'encore une fois, comme d'habitude,
le seuil d'alerte à la pollution,
a été dépassé dans plusieurs villes,
que notre santé en est affectée,
qu'il faudrait, dès à présent,
réduire notre consommation d'énergie,
avant que le point de non retour ne soit atteint,
alors que c'est tout le contraire qui se passe,
et qu'il est évident, sauf pour les naïfs,
que rien ne sera fait,
et que le pire est pour demain,
mais je ne serai pas la pour le voir,
alors ce n'est pas grave,
et, comme tout le monde,
les politiques, les gens,
je suis incapable de me projeter dans l'avenir,
d'anticiper, de voir au delà de ma propre vie,
trop couteux en énergie,
il faut positiver, profiter, ne pas se prendre la tête,
car quand même, on a qu'une vie,
et il faut veiller à ne pas la gacher,
en cherchant à voir plus loin que le bout de son nez,
alors, je ne ferai rien, comme toi, comme vous.

ps: heureusement, les montagnes sont toujours là, mais peut être y trouvera t'on du pétrole ou une source d'énergie quelconque pour faire marcher nos voitures. Nous aurons alors le choix entre les embouts sur le periph ou préserver ces lieux. Le choix sera vite fait.. il est déjà fait.

 

 

 

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enfin seul

Par philtraverses - 13-12-2014 15:32:11 - 3 commentaires

Voici un petit texte bucolique, qui m'a fort amusé.. Cool

Il n'y a plus rien de différent,
plus de fleurs, d'animaux sauvages,
si ce n'est sous serre, domestiqués, rassurants,
plus rien d'étranger à soi,
qui empêche de se retrouver entre soi,

plus rien qui empêche l'homme,
de se mirer lui même,de s'admirer,
dans les miroirs qu'il se tend,
à longueur de journée.

enfin seul, se dit le dernier homme,
qui tel narcisse peut se contempler à loisir,
parler de lui à longueur de journées,
à travers les films et les médias,
les technologies de pointe,
le progrès technique.

Car enfin, si dieu a fait l'homme à son image,
l'homme ne pouvait se sentir divin,
tant qu'il n'avait pas fait le monde à son image,
tant qu'il y avait cette différence irréductible,
cette nature, inutile, indomptable,

trop puissante et donc gênante, qui lui faisait de l'ombre.

il y avait bien autrefois des gens,
qui portaient le pagne et vivaient nus,
dans les derniers lambeaux de forêt,
menacés par les bulldozers,
fuyant les fusils, des promoteurs immobiliers,
de vils protozoaires, au regard de l'homo mobilis.

il y a bien longtemps qu'eux aussi,
se sont enfin rangés à nos idéaux,
aux vrais valeurs, et vivent désormais,
rivés à leur portable, nous ressemblant enfin.
il n'y a plus que le même, le même soi,
décliné à l'infini, c'est la fin des différences honnies.

Désormais, c'est chose faite,
la nature, domestiquée sous bulles,
les vagues que l'on commande avec sa télécommande,
les couchers de soleil, que l'on zape, si on le souhaite,
les selfies de soi même, que l'on fait avec soi même,
ou avec son voisin, un clone de nous même, en pire.

il n'y a plus de nature,
qui ne servait à rien, pouvait être dangereuse,
et pour aller à la mer,
il y a toujours les yaquacenter,
quant à ceux qui réclament de la nature sauvage,
ils croupissent dans les hôpitaux psychiatriques,
addicts aux électro chocs.

Pour la forêt, il suffit d'aller dans les parcs,
où poussent des arbres, tous calibrés à la même taille,
l'uniformité, délicieuse et rassurante,
de sa visqueuse splendeur, enveloppe tout.

vive l'entropie et les trous noirs,
qui absorbent toute différence,
dans le vacarme du monologue,
de l'espèce humaine dans l'univers indifférent.

 Edit :

lien qui résume tout

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