Par emilcioran - 05-04-2012 07:28:39 - 1 commentaire
Je me souviens, oh ma superbe charogne
de notre rencontre à la corogne
l'hiver finissant enveloppait le rivage
de sa volupté et de ses mirages
alors que nous étions au restaurant, amoureuse
déjà tu lorgnais, sans te cacher, ni honteuse
derriere mon épaule un peu voutée
le voisin d'en face au regard énamouré
plus tard,cocu, sans vergogne tu me fis
mais voulant te garder à tout prix
je faisais semblant de ne rien voir
quand sans explications tu rentrais tard le soir
le printemps était si beau oh martine
mais pour les voisins d'en face, oh ma libertine
qui réservait ses élans passionnés
aux beaux passants par hasard rencontrés
pour moi rarement disponible tu étais
toujours de bons prétextes tu avais
pour refuser mon ardent désir
et rechercher ailleurs ton plaisir
t'enhardissant tu ne te cachais pas
et tu suivais à grands pas
les invitations des rencontres de hasard
à te rejoindre dans leur lupanar
les soirs de mélancolie
je buvais la coupe jusqu'à la lie
m'enivrant de ton absence
en voyant approcher la sénescence
quand à travers la cloison
sur mon sofa en peau de mouton
j'entendais tes oui oui de plaisir
je pensais de frustration défaillir
et lorsque quelques reproches j'osais
avec un regard comme un coup de balai
gentiment mais fermement tu me traitais
de parano pov type et de grand dadais
lorsqu'enfin de ma couche
je te mis dehors sans ouvrir la bouche
je me sentis exister à nouveau
l'air était pétillant comme le beaujolais nouveau
de toi je garde oh souvenir adolescent
sur mon penis incandescent
une inguerissable superbe mycose
sois sure que les connes tout ca ose
Par emilcioran - 29-02-2012 18:45:19 - 3 commentaires
Je m'assoie au bar, commande une consommation. Les minutes pasent. De nombreux clients arrivent. Bizarre cette impression d'avoir été oublié.
Curieusement je commence me tortiller sur la chaise. Un sdf arrive, rapidement servi. Voila une demi heure que je suis assis et le regard du serveur me traverse comme s'il regardait une table ou une chaise.
Enfin je comprends !! et une onde de satisfaction me traverse. Ce devrait pourtant être l'inverse. J'ai réussi ce à quoi je me suis employé toute ma vie: devenir l'homme invisible. Tout a commencé alors que, timide, j'errais dans les cours de récréation sans savoir à qui parler. Je ne savais ou me mettre . Très vite, de part ma bizarrerie je devins la tête de turc de ces chères petites têtes blonde qui plus tard feraient des adultes épanouis dans leur vie privée ou professionnelle, à mes dépens naturellement. .
Jev tiens désormais,pour acquis, je le dois à l'école et à son rôle formateur, que l'on s'épanouit forcément aux dépens de quelqu'un , mais passons.
A l'époque on ne parlait pas de harcèlement à l'école . Ce n'était pas un terme à la mode. Les maitres voyaient les enfants comme un idéal de l'état de nature à la rousseau, Bref des êtres parfaits. Je dois dire que c'est encore le cas de certains.
Les toilettes furent une cachette idéale ou j'attendais la sonnerie libératrice qui me ramenait dans la douce quiétude de la classe ou je finissais par somnoler au ton monocorde du maitre expérimenté débitant son cour en pensant à autre chose.
Les choses se gatèrent au collège ou je dus me battre contre mon gré pour signifier que j'en avais assez des moqueries boulettes de papier et autres tirages d'oreilles et de cheveux.Mais en vain. Je finissais toujours à poil au sens propre comme au sens figuré.
Toutefois j'avais constaté que lorsque les maitres cherchaient un candidat au tableau noir leur regard passait sur moi sans s'arrêter.
Je commencais à devenir invisible. De même mes "amis" finissaient par m'oublier après avoir essayé sur moi tous leurs bons mots et envoyé tous leurs crachats.
Au lycée, période formidable ou je fus moqué pour mes premières amours, racontées avec force plaisanteries à toute la classe par certaines heureuses élues, je pris l'habitude de me mettre au fond de la classe.
Cette fois ci en trois ans je devins quasi invisible et n'allai que trois fois au tableau .
Je connus quelques répits pendant ma longue période estudiantine, plutôt recherché pour mon attitude pouvant à la rigueur passer pour celle d'un dandy. Restaient les soirées ou je faisais tapisserie et ou je perfectionnais mon invisibilité tant les mots danse, draguer s'amuser, soulevaient en moi une terreur sans nom. Je prenais un air que mes amis prenaient pour blasé...
Il va de soi, oh bonheur, que, durant ces soirées ou tout le monde s'amusait, je m'appliquais à ce que personne ne me regarde, détournant les yeux ou prenant l'ar niais qui va si bien. Un soir mes amis partirent, m'oubliant endormi dans la boite .Je compris que je progressais toujours vers l'invisibilité.
Ma vie professionnelle ??? . Ma transparence avait presque atteint son sommet. Il ne me restait qu'à travailler d'arrache pied et à rejoindre mon bureau en rasant les murs. Ainsi en 20 ans je n'obtins aucune promotion et je laissai passer avec satisfaction tout le monde devant moi. Si quelqu'un me manifestait de l'intérêt je devais me déniger de peur que ma transparence s'estompe. Il fallait bien que je tienne mon rôle.
J'étais devenu enfin devenu le pafait petit tacheron insignifiant dont la conversation, pleine de sérieux et pontifiante, ennuyait les collègues .
A présent je contemple avec un sourire le serveur du bar. Et je me lève le coeur léger. Je remercie en mon for intérieur l'école de la République qui m'a fait en grande partie ce que je suis, pur produit du harcèlement.
Je me réveille en sueur. Je rêvais bien sur, vous l'aviez compris.
Mon pantalon bien usé est prêt sur la chaise. Ma chemise à carreau, démodée et mes chaussettes, classiques, m'attendent. Je soigne ma raie sur le côté . Mes lunettes à la Chirac, un peu rayées, je rejoins mon véhicule. Je rentre dans mon bureau sans avoir croisé personne. Puis c'est le soir ..
l'impudeur suprème : le sondage
Par emilcioran - 11-11-2011 06:39:46 - 2 commentaires
Il faut positiver nous serinent tous les jours les messages publicitaires le dalai lama et d'autres. Soyez optimistes.
C'est ainsi que le matin en allant au taff nous passons sereinement au mileu des sdf et zizzagons entre les mendigots qui encombrent le trottoir et dont le nombre chaque jour près de chez moi augmente.
Mais tout cela n'est rien. Il faut aller de l'avant pour réaliser son karma et briser le cycle inernal des réincarnations. Il est très mal vu de critiquer son époque. C'est sans nul doute le signe de faiblesse d'un pauvre esprit coincé et frustré sexuellement. Il a qu'à aller voir les putes..
Bien dans son temps bien dans son époque..
Dans ce contexte ou l'introspection, l'esprit critique ne sont plus de mise et passent au mieux pour de la pure connerie ou d'une grave névrose qui vous valent d'être invités à tous les diners de cons qui ont lieu chaque soir , un curieux sondage, pratiqué sur un échantillon représentatif, par une agence dont je tairai le nom, confirme la curieuse inversion des valeurs à laquelle on assiste.
Voici les résultats de la question posée : quelle est selon vous la chose la plus impudique qui existe ? :
un couple qui fait l'amour en public sur le périphérique à l'heure de pointe : 4%
Une jolie fille se promenant nue sur le périphérique très tôt le matin: 6%
un couple se becqottant sur un banc public dans un square : 15%
un couple se promenant main dans la main : 25%
un homme parlant de lui et de ses problèmes dans un diner mondain : 35%
un homme confiant ses difficultés sentimentales à des amis : 50%
et à une majorité écrasante quel que soit l'age, le sexe, la catégorie sociale: 70% un homme qui pleure

décidément nous vivons une époque formidable.
Par emilcioran - 18-10-2011 18:35:45 - 1 commentaire
"Je suis belle oh mortels comme un rêve de Pierre. Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris. " Ainsi chante la montagne les soirs de solitude .
Pour aller entendre encore une fois le chant de la montagne je me décide, en ce matin de septembre, à partir pour le pic de neouvielle.
Caractéristiques : Localisation France, Aragnouet Fabian époque : juillet à mi octobre Durée: 4 h 00 AR Difficulté: * escalade F névés durs le matin ou éboulis pénibles Dénivelé 1000 m.environ Accès Sain Lary, Aragnouet Fabian, route des lacs. La route vers le lac d'aubert est fermée l'été à partir du lac d'oredon. A partir de 9 heures navette obligatoire. . Cartographie: IGN/Randonnées pyrénéennes (1/50 000):Bigorre Départ du parking du lac d'aubert à 2150 m d'altitude. Il faut traverser le barrage pour rejoindre une sente bien nette. Le balisage est depuis longtemps effacé.
Parti vers 4h30 du matin de chez moi j'arrive un peu avant 8 heures au départ. Le lac d'aubert scintille dans le matin clair. Il n'y a personne à cette heure en cette saison.
Une poésie de Victor hugo, que je paraphrase honteusement, s'effiloche, déchirée par le vent ; "ou sont ils les montagnards sombrés dans les nuits noires Oh rochers indiférents que vous savez de lugubres histoires .."
Le sentier monte dans la pelouse rase et arrive à une bifurcation discrète signalé par un cairn. je prends la branche de droite. Mon chemin monte rudement au milieu des blocs et franchit quelques ressauts faciles.
Un peu fatigué par ma nuit courte j'ai le souffle un peu court. Peu importe. L'essentiel est d'être la. La fatigue permet d'avantage d'être au coeur des choses, abolissant les distances et les différences.
J'arrive en contrebas de la crête des barris d'aubert, à une sorte de col, vers 2439 m d'altitude. Le col est une porte ouverte vers la haute montagne. Un passage secret gardé par des géants de pierre. Nul ne passe ici s'il n'est animé de bonnes intentions.Je fais amende honorable et m'incline face à la montagne..
Le terrain change. Je découvre à présent une pente d'éboulis interminable que je vais devoir traverser. Il faut avoir le pied sur pour aller de blocs en blocs. Je me rappelle mon enfance à sauter de blocs en blocs parfois chutant. Mes genoux s'en souviennent encore.

Des anonymes ont disposé là des cairns. Il suffit de suivre ces petits tas de cailloux déposés savemment aux endroits stratégiques. Du col des barris d'aubert le chemin descend légèrement pour rejoindre un vallon encombré d'éboulis.
Seul le bruit de mes pas, que je veux le plus discret possible, trouble un troupeau d'isards qui s'en va dans des lieux inaccessibles, se moquant de ma maladresse infinie. Un peu plus haut la brèche de chaussenque, passage vers le refuge packe et le turon de neouvielle se laisse deviner.
Plus haut encore, arrivé ici on ne sait comment, un guetteur du troupeau d'isards me regarde. Ses yeux sans expression, vides comme l'infini, ou je cherche un semblant de communication, me renvoient à mes doutes, mes espoirs perdus. Peut être dans une autre vie vais je me réincarner en isard. Peut être aurai je une autre chance..
J'arrive en contrebas de la brèche de chaussenque. La montée dans les éboulis me semble bien longue. Parfois un semblant de sentier facilite la progression. Le lieu est un désert. Parfois, tentant l'aventure, la vie s'essaie à quelques appartitions fugaces, si fragile, le temps de l'été si court ici.

Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent ..Ces vers de Victor hugo sur lesquels j'avais du disserter.. Seul le cri strident du choucas résonne, bouleversant l'ordre établi des sommets. Le pic du néouvielle, pointe acéreée qui semble inaccessible, est enfin en vue. Le glacier qui, jadis, prenait ses aises, n'est plus qu'un lointain souvenir, un névé sale, criant que le réchauffement climatique est une vérité et qu'il faut faire vite si..
Je rejoins la crête sous le sommet en escaladant quelques rochers faciles sur un bon granite pur. Enfin me voilà au sommet effilé du pic de neouvielle.
Je domine le lac de cap de long, 900 m plus bas..
A ma hauteur le ramoun et les sommets du massif du néouvielle..
Le pic du midi de bigorre au loin..
A présent il est temps de redescendre en restant attentif dans la descente. Quelques bifurcations ne mènent nulle part.. Les lacs d'aubert et d'aumar bien plus bas frissonnent en pensant que l'été touche déjà à sa fin.

Plus loin, sur le chemin du retour, je fais une pause pour admirer les beaux laquets..Il y a 40 ans c'est par eux que j'ai découvert et aimé la montagne. A chaque fois c'est comme un pélerinage
La tout n'est qu'ordre et beauté, luxe calme et volupté..
Par emilcioran - 04-10-2011 20:20:01 - 3 commentaires
Me voila de retour vers le pic de tristagne. Pour atteindre ce sommet Ariégeois il faut dépasser Foix, arriver à Tarascon sur Ariege, prendre la direction de Vicdessos, traverser ce village puis se diriger vers arties et pradieres. Le départ est au bout de la route Cette fois ci j'ai décidé de faire un circuit.

Je pars donc au petit matin de la centrale de pradieres. Le jour se lève à peine. Sur la route qui m'amenait au départ j'ai pris ma place dans la cohorte des véhicules qui montent vers l'Andorre. Ils viennent pour remplir leurs coffres de cigarettes et d'alcool. Un temps, pour un passant qui m'aurait vu monter vers l'Andorre, coincé dans la file des véhicules, le regard rendu vitreux par le manque de sommeil, j'aurai pu passer pour un parmi d'autres, amoureux de la consommation, le nouveau dieu auquel tous ou presque vouent un culte sans limite ni mesure..
J'ai l'impression que consommer est devenu la raison de vivre et d'être de beaucoup, la majorité. Un ersatz une compensation.. qui évite de se regarder en face et de se remettre en question. Il faut consommer pour vivre et non vivre pour consommer..
Sur ce je pense à ma fille qui, comme toutes les jeunes de son age, marchait dans la rue en pianotant fébrilement sur son portable. . Je me remémore les disputes que nous avons eu à ce sujet. .
L'odeur de la bouse et le vent qui descend de la montagne me ramènent à la vraie réalité, celle qui disparait peu à peu dans l'artifice. Le monde se transforme. L'homme, comme Dieu, fait le monde à son image. Finalement la nature ne sert à rien dans un monde à l'image de l'homme. .
J'arrive à l'étang d'izourt, porte qui ouvre vers les sommets, désormais désertés en cette période de l'année. Je suis délicieusement seul.
Dans les autres j'ai fini par ne plus voir que ce qu'il y a de mauvais. Je ne rencontre, dans mon métier, toute la journée, que des gens qui se haïssent, voisins " amis" familles et se dénigrent. Des gens qui ont la haine, haine d'eux mêmes, de tout du monde, des juges.. Les gens que je vois sont paumés, ne savent plus que croire, qui croire..
Il parait qu'il existe des gens bienveillants ouverts, tolérants, qui savent qui ils sont. . Epuisé par mon travail il me reste juste assez d'énergie pour quelques footings et séances de sport en salle. Et non ce n'est pas dommage..
De toutes facons l'autre n'est jamais qu'une variante de nous même, qui mange, boit, qui va au wc, peut sentir mauvais, etc, décliné à l'infini en de multiples versions au hasard des gênes et des cultures.
Après l'étang d'izourt une marque discrète en jaune m'indique le chemin vers les étangs de petsiguer. Le chemin arrive aux étangs de petsiguer, paradis des pêcheurs.
Il continue sa progression vers l'étang de goueille. En marchant je réprime un rire. Je sais d'avance qu'on va dire que je profite moi aussi du système et que je crache dans la soupe. Je sais. J'assume, voire j'en jouis.
A l'étang se trouvent également des pêcheurs. Le port de l'albeille est en vue. De l'autre côté se trouve l'Andorre. D'ailleurs la station de ski, telle un vampire, tapie de l'autre coté du col, grignote la montagne d'années en année. Bref le monde à l'image de l'homme..
J'attaque la crete du pic de tristagne. Une sente discrète et cairnée évite les difficultés. De temps à autres il faut mettre les mains. Le terrain est peu sur et par endroit exposé, ce qui veut dure qu'une chute serait difficile à rattraper.
Je retrouve l'instinct essentiel, celui de la survie, perdu de vie, devenu inutile dans le quotidien aseptisé qui est désormais le notre. J'arrive au sommet.
Le soleil d'octobre, éclaire les étangs de tristagne en contrebas.

Ils sont comme les larmes de la montagne, ravagée par les pistes andorranes. Encore plus bas le grand étang fourcat d'un bleu profond comme l'oeil d'une belle indifférente.
Je redescends prudement par la crête en direction du col de tristagne par une sente cairnée. J'atteins le col de tristagne. Je me laisse ensuite glisser comme à regret vers le point de départ.
Au retour vers Narbonne je prends à nouvau ma place dans la file des véhicules qui redescendent de l'Andorre. Ainsi va la vie. Il n'y a qu'en montagne que je n'ai pas à forcer le passage pour prendre ma place dans le trafic.
Par emilcioran - 06-08-2011 19:59:00 - 5 commentaires
Ta place est vide. Ta gamelle ou tu te jetais avec gourmandise déborde des granulés que tu ne mangeras plus. Je ne t'appelerai plus pour manger. Le vide de ton abscence m'entoure de toutes part.
Comment ta présence muette et discrète emplissait mon coeur ?. Je ne saurais le dire. Je reste là, impuissant. De toi il ne reste rien. pas même une photo.
Ta vie avait mal démarré, chat noir. Abandonné très jeune. Des voisins "compatissants", chargés de garder la maison de ta maitresse, partie en maison de retraite, t'ont enfermé pendant des mois dans une des pièces. Nous avions du faire intervenir la police municipale pour te libérer de ta geole. Malgré tes miaulements désespérés les voisins persistaient à nier ta présence. .
Tu avais gardé depuis la phobie de l'enfermement. Les enfants de la "vieille", partie, avaient emporté ta mère avec eux. Ta mère n'avait pas eu le temps de t'élever et de t'apprendre les bases de la vie. Tu étais resté craintif et peureux. Incapable de te défendre.
Une fois que tu avais été libéré, nous t'avions recueilli. Tous les matins depuis deux ans, c'était un rituel, je t'ouvrais la porte de la maison pour te donner à manger . Je te regardais manger. Je surveillais pour que les autres chats ne viennent pas t'embêter. c'était pour moi un véritable miracle de te voir tous les matins.. Une parenthèse, un instant magique avant de partir travailler.
Fidèle au poste. Je te parlais, te racontais tout. Tu semblais comprendre. Tes grands yeux qui me fixaient.. Un lien d'attachement fragile et ténu s'était crée. C'est bête de s'attacher, car au bout, il y a la souffrance de la perte. On ne devrait jamais s'attacher..
Et puis, début juillet, tu as commencé à maigrir. Comme tu continuais à manger, je ne me suis pas inquiété. Mais l'amaigrissement devenait de plus en plus important. Nous t'avons soigné pour des parasites. Mais rien à faire, tu devenais de plus en plus maigre et faible.
Et puis ce matin, je t'ai découvert, allongé, respirant faiblement. Tu ne bougeais plus, ne réagissais plus. Déjà dans le coma. Alors je t'ai amené au vétérinaire. Il n'y avait plus rien à faire. Tu es mort doucement, dignement.
Alors ce billet sur kikourou sera ton tombeau. Pas de littérature. Juste jetés à la volée ces mots comme des larmes, Une trace qui restera de toi, petite présence discrète qui a su, par ton silence et ta douceur, capturer mon coeur, tant que kikourou vivra.
Tant pis pour les moqueries. L'essentiel est que ton souvenir subsiste. Chat noir sans nom
pic des trois seigneurs par le col de la pourtanelle
Par emilcioran - 19-04-2011 07:31:56 - 4 commentaires
Le 16 avril 2011: Je suis au parking d'ou part le sentier qui hisse au pic des trois seigneurs, sommet situé vers tarascon sur ariege, dans la vallée de gourbit et de rabat les trois seigneurs, modestes villages de quelques 50 ames chacun. Michel Sébastien , un illustre pyrénéiste, pour ceux qui aiment ce massif, est un amoureux de ce sommet qu'il aurait gravi pas moins de 300 fois. De nombreuses voies permettent d'atteindre ce promontoire. Pour aujourd'hui, j'ai choisi l'accès par le col de pourtanelle, qui semble seule possible compte tenu de son exposition est ouest, les autres accès, exposés plein nord, étant barrés par de raides névés. .
Cette éminence, d'altitude somme toute modeste, puisqu'elle culmine à 2200 m , est un belvédère idéal sur les hauts sommets. Me voila donc parti sur cet itinéraire que je n'ai jamais encore emprunté. Peu ou pas de descriptifs, ni sur les guides papier ni sur le net.. Du parking je suis la piste large jusqu'à la cabane d'embanels, jadis utilisée par les bergers . Le pic des trois seigneurs se dévoile peu à peu. Il est encore, de façon étonnante, vu son altitude, très enneigé.
Je continue la piste vers l'ouest puis vers le nord. J' atteins ainsi la cabane rouge, ou de coumeders, cabane de tôle verte au toit rouge, non mentionnée sur la carte ign. Plus de sentier contrairement à ce que certains guides mentionnent.. Je continue à découvert, au jugé, vers le nord ouest, en suivant de vagues sentes en direction de la jasse de coumeders ou subsistent de nombeux orris, vestiges de l'activité pastorale florissante d'autrefois.
En face, légèrement sur la gauche, j'aperçois le col de pourtanelle, barré par un névé, sans doute verglacé et ou je ne pourrai donc passer . Je continue en montant régulièrement hors sentier en direction de la crête. La montée est pénible dans les herbes épaisses et les rhododendrons. J'atteins enfin la crête vers 1895 m entre le col de pourtanelle à gauche et le pic de la journalade, à 1945 m, à droite.
Je m'achemine ensuite vers le col de la pourtanelle, en suivant la crête large et herbeuse, barrée par une clôture visiblement à l'abandon . Je rejoins enfin le col de la pourtanelle, à 1785m, entaille étroite dans la crête, effectivement défendue par un névé épaix et raide.

A partir du col la pente se redresse. Quelques névés, qu'il est facile d'éviter, jalonnent le chemin. Deux gros cairns servent de repère.

J'arrive enfin sous le pic des trois seigneurs dont la croix est bien visible. Une dernière montée raide à travers la végétation et les cailloux, le sentier étant en grande partie sous la neige, et me voila au sommet.Au sommet je ne peux m'empêcher de penser aux grands débats qui agitent notre société. J'ai un sentiment étrange, ambivalent, à la fois de tristesse, pour ce que je ressens comme une régression sociale sur beaucoup de points, et d'euphorie d'être loin de tout ça, pour quelques instants.

L'affaire du voile dans les lieux publics, le pseudo débat sur la laïcité qui risque de réveiller les vieux démons qui ne demandent que ça.., le refoulement de tunisiens à vintimille, malgré les engagements internationaux de la France, l'application des dispositions de la CEDH sur la garde à vue, qui me concernent de plus prêt, et ou je suis en première ligne, de par mon métier. Je rajouterais l'affaire du christ pisse et ces catholiques intégristes, décomplexés, qui s'expriment désormais sans retenue, ce qui n'avait pas été le cas 4 ans auparvant. Les choses évoluent.. La liste est longue. Pourtant l'histoire montre qu'il n'est point de salut pour l'humanité hors le métissage, le mélange, la tolérance.. J'y reviendrai. Heureusement les Pyrénées, elles, seront toujours la et survivront à tout ça. La vue est, bien sur, magnifique sur les hauts sommets encore bien enneigés. Les amateurs s'amuseront à égréner la liste des sommets, du valier au mauberme.. J'avais l'intention de continuer la crête, de rejoindre le col de la couillate et, par le lac bleu, de retourner à mon point de départ.

Ce sera pour une autre fois. La descente par le col de la couillate, orienté plein nord, nécessite les crampons, cette neige de fin de saison étant bien dure .
Je reviens donc à mon point de départ en empruntant le même chemin. Ce sera pour une autre fois.. Le pic des trois seigneurs, comme pour Michel Sébastien, est amené à être un de mes sommets favoris.Au retour je croise un groupe de randonneurs que je salue. Il est certain que je reviendrai.
Par emilcioran - 12-04-2011 18:26:38 - 3 commentaires
samedi 9 avril 2011. La météo annonce cette journée comme estivale. Je vais donc re-faire le circuit du picou, dont j'avais entendu parler à travers les blogs d'illustres kikous, qui se reconnaitront, si d'aventure ils parcourent ces lignes.
Me voila donc parti de Narbonne en direction de Brassac, petit village ariégeois, non loin de Foix. Tant pis pour mon bilan carbone.Tiens j'irai allumer un cierge, euh planter un arbre demain, sérieux..
Alors que d'autres font le marathon de Paris,mélangeant leur souffle à ceux des autres, je goute ma solitude. Mais le marathon de paris je l'ai fait en 2005. A 45 ans. 3H01s alors. C'était il y a longtemps, une éternité. 3 semaines après le trail des 3 chapelles.Le temps ou je pouvais m'engager sur une course sans crainte de l'abandon. une autre vie.
Dès le départ il fait chaud. Une journée bénie des dieux, si j'osais encore croire qu'il existe un dieu, autre que la rencontre du hasard et de la nécessité, merci jacques monod..
Tant mieux car je compte sur cette journée pour récupérer des semaines précédentes, difficiles sur le plan du boulot.Je n'ai guère eu plus de 2 à 3h/semaine à consacrer à l'entrainement.30 kms en moyenne/semaine, sans plaisir. Des journées à rester assis, fatales pour le corps et l'esprit.
Autant le reconnaitre de suite, le picou c'est quand même de la montagne à vache. Molles ondulations, vastes prairies sont au menu. Parfait pour débuter la saison montagne qui commence tôt cette année.
D'entrée, je m'y attendais, je sens que la forme n'est pas la. Les cuisses sont molles, peu réactives. Comme quand j'avais fait le trail du caroux en 2008, qui fut un échec, entre autres..
J'arrive en 40mn au col du calmit, à 1130m pour 500m de d+, en soufflant et ahanant. il y a du boulot pour faire le tour de l'oisans non stop ou je suis, encore,inscrit. bof. Ce devrait être mon rythme de croisière. J'en suis loin. Le palpitant bien trop rapide..
Au col je jauge le chemin qui reste à parcourir jusqu'au picou. Jusqu'à la cabane de l'homme mort, à 1400m d'altitude, le dénivelé est faible, rapporté à la distance parcourue. Le picou, comme son nom l'indique, ressort de la crete comme une dent. je l'aurais plutôt appelé le chicot..
Après la cabane de l'homme mort, la pente se redresse brusquement . je monte droit dans la pente hors sentier, en poussant sur les cuisses. J'arrive au sommet en 1h20 pour 1000m de d+. re bof. du 800 m heure tout au plus.
Au sommet du picou, enfin, la vue se dévoile, récompensant mes efforts et me faisant tout oublier, la magie des grandes solitudes opérant toujours, comme un pansement. Les sommets sont encore bien enneigés.
Un peu plus loin, en direction du rocher de betail à 1716 m d'altitude, j'aperçois un groupe de vttistes qui poussent leurs machines. je prends plaisir à les rattraper puis dépasser. Enfin un objectif.
Plus loin je dérange un troupeau d'isards que je ne pourrai prendre en photo.
Après le rocher de betail la pente s'assagit, s'alanguit, faisant penser à l'écosse ou à l'irlande. Un faux air de Bretagne.
Plus bas encore, après la sarrat de la pelade, je descends tout schuss vers la cabane de la deveze, promontoire idéal ou il fait bon s'arrêter.
Le chemin se perd un peu à cet endroit. Il redevient plus net et balisé, en restant sur la même courbe de niveau, aux abords de la forêt. Pus bas encore, au col mazel, à 1354 m, je rejoins une cabane rustique, fermée.
A présent je n'ai qu'à emprunter des pistes forestieres languissantes qui m'amènent au col de legrillou à 938m.
La suite est moins réjouissante et impose de suivre des routes goudronnées et des traverses. Il faut aussi passer dans des cours de ferme à deux reprises, ou des chiens aboient et montrent les crocs, m'obligeant à surveiller mes arrières, particulièrements chevilles et mollets, tant affectionnés par nos sympathiques "amis".
Finalement j'en termine avec ma balade et m'offre une bronzette sur un banc, me laissant irradier par les rayons du soleil qui accélèrent la chute de mes rares cheveux, en pensant aux marathons et aux trails que ne ferai pas .
Par emilcioran - 26-03-2011 13:50:12 - 1 commentaire
Qu'il est doux de ne pas être lu. Il m'est ainsi donné de dire n'importe quoi sans susciter la moindre réaction..
c'est un privilège dont je jouis tous les jours.
Les francais font beaucoup d'enfants. Il s'agirait d'un paradoxe bien français. Décidément nos compatriotes ne sont pas à un paradoxe prêt puisque, tous les sondages le montrent, les français sont inquiets pour leur avenir, alors qu'en général, quand on fait des enfants, c'est qu'on a foi en l'avenir..
Or l'enfant, dans ce contexte peut être envisagé, cette liste n'étant pas limitative, comme :
un remède. C'est l'enfant médicament, censé nous apporter ce qui nous manque dans notre vie
l'enfant compensation: celui qui est censé réaliser tous les rêves que nous n'avons pas réalisé dans notre vie de merde
l'enfant allocs : l'enfant qui permettra de vivre des allocs sans bosser.
l'enfant symbole de la féminité d'une femme à travers sa grossesse. Etre enceinte est devenu sexy. Après on verra..
L'enfant contre la crise du couple: l'enfant censé rapprocher un couple qui bat de l'aile
l'enfant expérimental: A travers lui on va expérimenter ses idées sur l'éducation. hé hé .Tout fout le camp Mme Michu..habillée en pull bleu marine
l'enfant assurance vieilesse. on compte bien sur lui quand on sera vieux pour aller nous voir à l'hospice et payer la pension alimentaire, car avec la retraite qui nous attend, misère..
Vous comprenez bien que, dans ces schémas, l'enfant lui même n'est pas conçu comme une personne mais juste comme une projection de soi. Un instrument .. Il y a donc de quoi être inquiet. Il n'est guère étonnant dans ces conditions que l'histoire que je vais vous conter arrive. .
En effet, avoir fait un enfant c'est bien. Mais après il faut l'élever. Merde c'est une personne. Ca on y avait pas pensé. Le malotru, il résiste au schéma qu'on avait pensé pour lui. Il faut donc l'élever, le mot éduquer est un peu trop fort. Et c'est la que les ennuis commencent.
Voyager dans le bus avec une mère moderne et ses enfants est une aventure dont on risque de ne pas ressortir indemne. Ainsi l'autre jour, alors que j'empruntais le bus pour me rendre au boulot, je vis une mère, qui attira mon attention : maquillée de travers, qui visiblement avait sautée direct de son lit au bus, tirant derrière elle son marmot, qui avait encore la morve au nez.
Une de ces mères modernes, paniquées, stressées, toujour à la bourre, qui engoufrent leur gamin dans la bagnole pour les emmener à l'école le portable à l'oreille, grillant tous les stops et les feux rouges, manquant d'écraser le piéton qui a le malheur de se trouver sur le passage piéton, mais sur leur passage.
Les gamins bien sur pas attachés. Pas le temps. "D'ailleurs l'accident n'arrive qu'aux autres".
Une de ces mères émancipée singeant les males et leur mauvaise foi virile : "Non Mr l'agent j'ai repecté le stop, le feu était à l'orange",..
Une mère déçue que son gamin ne corresponde pas à ses fantasmes. Elle aurait tant voulu que le gamin empêche son mec de partir. Elle l'avait fait pour ca. Manque de chance le type en question s'est barré en changeant les serrures et son numéro de tel. un comportement ordinaire, d'un type banal.
Mais revenons à notre mère paniquée dans le bus. Une mère aimante cela va de soi. Voici ce qu'elle disait à son fils. "Si tu n'es pas sage maman va t'abandonner dans le bus. Les gens méchants t'enlèveront. Tu seras vendu come esclave, comme dans le film que tu as vu à la télé"
Notons que visiblement ce discours avait peu d'impact sur l'enfant, qui y était visiblement habitué, qui courait dans tous les sens dans le bus, incommodant les passagers qui n'osaient rien dire, enfant roi oblige.
Les yeux exorbités, sentant que son enfant lui échappait et qu'elle perdait le contrôle, elle poursuivait : "tu es un monstre. Tu as bien de la chance d'être aimé par maman. Maman est gentille et toi tu es si méchant. Il n'y a que moi au monde pour t'aimer".
Personne n'osait rien dire. Sachant que face à une mère remise en question dans son éducation et son présumé amour on a perdu d'avance. Même les meilleurs slamers s'y casseraient les dents. Grand corps malade lui même ferait piètre figure.
Surtout ne tentez pas une joute verbale avec une mère pressée.
Lorsqu'elle sortit du bus les passagers poussèrent un ouf de soulagement. Certains même, les yeux embués pleuraient de joie. Comme quand la France avait gagné la coupe du monde de football. Pendant le trajet qui dura près de 20 mn elle n'avait fait que parler à son fils durement, en proférant les propos les plus crus,les plus durs. J'avais mal pour le gamin, lui s'en moquait, habitué.
Le bus s'arrêta un long moment devant l'école ou elle était descendue avec son bambin. Bien sur son fils était arrivé en retard. A l'accueil on lui refusait l'entrée . Elle se battait becs et ongle pour que son fils rentre dans l'école. Elle finit par passer aux insultes.
Les insultes ne suffisant pas, aux coups. Je vis l'enfant tant aimé donner un coup de pied au directeur de l'école. Lorsque le bus démarra la police arrivait.
Le soir à la télé aux infos régionales on parlait d'une mère qui avait frappé le directeur d'une école et l'avait envoyé à l'hopital. Elle devait passer en comparution immédiate le lendemain.
Je dormis bien cette nuit la, sachant que j'avais échappé au pire. Mais demain il me faudra reprendre le bus et peut être y aura t'il à nouveau une mère dépassée et paniquée dans le bus. J'en frémis d'avance.
Par emilcioran - 19-02-2011 13:35:36 - 4 commentaires
A travers ce sujet je raconterai des histoires éclairant ma conception de la nature humaine , parfaitement en rapport avec mon pseudo Voici la première: Attention c'est dur !!
Ils étaient deux amis, comme deux frères, Inséparables.Il n'existait pas de plus belle amitié que la leur. Ils avaient fait les 400 coups ensemble. Leur amitié était citée en exemple. En les regardant jouer ensemble leurs parents riaient d'aise. Dans la cour de récréation, quand l'un était attaqué, l'autre le défendait aussitôt. Ils se racontaient des histoires, changeaient le monde à leur façon. Deux ados bien dans leur peau. Ils aimaient les mêmes filles. Ils s'aimaient. Ils passaient des soirées entières à rire ensemble à se moquer de tout.
Peu à peu, sans qu'ils aient bien compris pourquoi, le monde avait changé autour d'eux. sans qu'ils sachent pourquoi leurs parents ne se parlaient plus. Une invisible frontière séparait à présent leurs familles. Quand ils rentraient chez eux, après avoir passé la journée ensemble, leurs parents, assis autour de la table familiale, baissaient les yeux, arrêtaient de parler, détournaient le regard. Parfois leurs pères leur demandaient de ne plus se voir. En vain. Ils se disputaient avec leurs parents. Continuaient envers et contre tout à se voir en cachette.
Mais le temps cruel passait et la nature reprenait le dessus.
Ils hésitaient maintenant à se voir. On leur avait dit qu'ils étaient différents, sans leur expliquer pourquoi. Ils ne savaient pas quelle était leur différence. Ils avaient beau se regarder ensemble dans la glace, ils n'en voyaient pas. Ils avaient toujours l'impression d'être des doubles. Ce n'était pas la religion, ce n'était pas la couleur de peau.. Ils avaient beau questionner leurs parents, ils n'obtenaient pas les réponses souhaitées.
Mais le temps cruel passait et la nature reprenait le dessus.
"Mais enfin qu'avons nous que nos voisins n'ont pas pas". Un silence gêné leur répondait toujours. Alors ils en ont eu assez de se poser des questions. Et puis ils ont fini peu à peu par moins se voir par se perdre de vue. insidieusement, sous divers prétextes. Quand ils se voyaient ils étaient gênés, parfois changeaient de trottoir.
Et puis,un matin, quand ils se sont réveillés il y avait la guerre. Des gens couraient dans tous les sens. Très vite ils ont compris que leurs familles n'étaient pas dans le même camp. Seul un mur séparait leurs maisons. Ce mur qu'ils sautaient autrefois pour se rejoindre en cachette était à présent hérissé de tessons de bouteilles et de barbelés et surmonté par un mirador. On leur a dit que c'était une guerre juste, pour la bonne cause. Ils ne savaient pas quelle était cette cause.
On leur parlait de justice, de liberté. Ils ne voyaient que des femmes violées, les femmes de l'autre camp par des soudards. Ils avaient fini par croire que ces viols étaient juste, opinion partagée par leur famille et leur entourage qui ne voyaient plus en ces êtres des femmes. On violait au nom de la liberté et de la justice.
Au début les cadavres des femmes et des enfants , que les services de la croix rouge peinaient à ramasser lorsque les tirs s'arrêtaient, les avaient gênés. Puis ils s'y étaient fait. Comme ils s'étaient habitués à raser les murs pour échapper aux balles des snipers qui tiraient des appartements des tours dominant la ville. Après tout ce qui caractérise l'homme c'est bien sa faculté d'adaptation.
Cette faculté qui évite de penser et de se révolter..
Ils ne savaient pourquoi. Mais ils ont demandé à faire cette guerre. A présent, hagards, abrutis de fatigue, ils erraient dans les rues, tirant sur ce tout qui bougeait. Ils cherchaient quelque chose. Ils ne savaient quoi. Moins ils savaient pourquoi ils se battaient, plus ils se battaient.
On est plus combatif quand les choses n'ont plus aucun sens..
Soudain il a vu son ami devant lui, blessé, dans la rue, en face de lui. Et il a compris qu'il avait fait cette guerre pour tuer son ami. Comment avait il pu être l'ami de cet être qui n'était pas une personne et qui,pourtant, avait baissé son arme en le reconnaissant. En le regardant il ne voyait plus rien d'humain en lui. C'était un animal crasseux qui sentait mauvais.
Il en voulait à son ami d'avoir été son ami. Dans une autre vie..
Quand il a pointé son arme sur son ami, à présent son ennemi mortel, il a vu dans ses yeux le questionnement. Pourquoi, pourquoi ?. Il ne savait pas. Il a haï son ami de lui poser cette question.
La Haine était à présent trop forte. Alors il a regardé dans les yeux de son ennemi et il a dit comme dans un rêve " Parce que tu es comme moi et qu'il ne peut y en avoir qu'un comme moi". Et il a vu son ami mourir de sa main.
Cette histoire est réelle car elle s'est passé jadis, dans les balkans ou ailleurs ..