KikouBlog de philtraverses - Décembre 2014
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enfin seul

Par philtraverses - 13-12-2014 15:32:11 - 3 commentaires

Voici un petit texte bucolique, qui m'a fort amusé.. Cool

Il n'y a plus rien de différent,
plus de fleurs, d'animaux sauvages,
si ce n'est sous serre, domestiqués, rassurants,
plus rien d'étranger à soi,
qui empêche de se retrouver entre soi,

plus rien qui empêche l'homme,
de se mirer lui même,de s'admirer,
dans les miroirs qu'il se tend,
à longueur de journée.

enfin seul, se dit le dernier homme,
qui tel narcisse peut se contempler à loisir,
parler de lui à longueur de journées,
à travers les films et les médias,
les technologies de pointe,
le progrès technique.

Car enfin, si dieu a fait l'homme à son image,
l'homme ne pouvait se sentir divin,
tant qu'il n'avait pas fait le monde à son image,
tant qu'il y avait cette différence irréductible,
cette nature, inutile, indomptable,

trop puissante et donc gênante, qui lui faisait de l'ombre.

il y avait bien autrefois des gens,
qui portaient le pagne et vivaient nus,
dans les derniers lambeaux de forêt,
menacés par les bulldozers,
fuyant les fusils, des promoteurs immobiliers,
de vils protozoaires, au regard de l'homo mobilis.

il y a bien longtemps qu'eux aussi,
se sont enfin rangés à nos idéaux,
aux vrais valeurs, et vivent désormais,
rivés à leur portable, nous ressemblant enfin.
il n'y a plus que le même, le même soi,
décliné à l'infini, c'est la fin des différences honnies.

Désormais, c'est chose faite,
la nature, domestiquée sous bulles,
les vagues que l'on commande avec sa télécommande,
les couchers de soleil, que l'on zape, si on le souhaite,
les selfies de soi même, que l'on fait avec soi même,
ou avec son voisin, un clone de nous même, en pire.

il n'y a plus de nature,
qui ne servait à rien, pouvait être dangereuse,
et pour aller à la mer,
il y a toujours les yaquacenter,
quant à ceux qui réclament de la nature sauvage,
ils croupissent dans les hôpitaux psychiatriques,
addicts aux électro chocs.

Pour la forêt, il suffit d'aller dans les parcs,
où poussent des arbres, tous calibrés à la même taille,
l'uniformité, délicieuse et rassurante,
de sa visqueuse splendeur, enveloppe tout.

vive l'entropie et les trous noirs,
qui absorbent toute différence,
dans le vacarme du monologue,
de l'espèce humaine dans l'univers indifférent.

 Edit :

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