le bureaucrate
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le bureaucrate

Par philtraverses - 24-02-2017 20:05:17 - 5 commentaires

La force du temps qui passe,
aussi puissante qu’un glacier,
avançait doucement, mais surement,
rabotant les replis de ma mémoire,
polis et repolis par les habitudes.

Je glissais doucement dans la multiplicité,
de mes émois à présent désincarnés,
et l’aube filtrant à travers mes paupières,
laisser perler comme des larmes,
les désirs inaccomplis, les rêves inassouvis.
 
Les vies que j’avais rêvé d’avoir,
comme des mirages s’éloignaient,
tandis que la musique du temps qui passe,
avec cruauté, comme un poignard,
excitait la plaie jamais refermée,
des élans réfrénés, des baisers refoulés.
 
Je me rappelais les vies que je voulais avoir,
et enfermé dans mon bureau,
je ne savais plus qui j’étais,
et si le visage que je voyais dans la glace,
fané et désemparé, était bien le mien,
si c’était bien moi qui avait rêvé,
ces vies qu’il était trop tard pour avoir.
 
M’abrutissant dans les profondeurs des dossiers,
Je finissais par ne plus vouloir savoir,
ce que j’avais rêvé d’être, et je voulais oublier à jamais,
les récits d’aventure, les exploits d’alpinistes,
et d’explorateurs, dont mon enfance s’était nourrie.
 
Je pensais à Paul Émile Victor,
Haroun tazieff, lionel terray,
tout ces conquérants de l’inutile,
chantal mauduit, raymond maufrais,
déplacés dans ce monde matérialiste,
et qui feraient aujourd’hui la risée,
des bien pensant cramponnés à leur smartphone,
et leur gadgets derniers cris,
que j’invoquais à mon secours,
pour me sauver,m’aider à me retrouver,
en vain.
 
Il ne me restait plus qu’à rentrer chez moi,
abruti de fatigue,
me complaisant dans l’insignifiance,
insignifiant parmi les insignifiants,
le soir fatidique enfin arrivé,
j’allais me cacher chez moi,
bureaucrate besogneux,
terne, rasant les murs,
inexistant, que plus personne, enfin, ne remarquait.

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5 commentaires

Commentaire de philkikou posté le 24-02-2017 à 21:49:53

Ouah le vague à l'âme de billet... ce n'est pas une vague, mais un tsunami qui (phil) traverse tes pensées.... Noir c'est noir ... allez il y a de l'espoir.. de belles balades en montagne pour retrouver le moral et la zénitude en altitude...

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 24-02-2017 à 23:05:06

Je n'oserais pas te donner le moindre conseil, ce serait déplacé.
Pense juste qu'il y a des gens qui te lisent et qui, même s'ils ne te voient pas, te connaissent d'une certaine manière. Le regard de l'autre est une existence, et ce n'est nullement insignifiant.

Commentaire de Mustang posté le 25-02-2017 à 00:17:09

rêver, toujours rêver !

Commentaire de CAPCAP posté le 02-03-2017 à 13:16:21

"Je pensais à Paul Émile Victor,
Haroun tazieff, lionel terray,..."
Dans cette veine, je me demande parfois (souvent) s'il est raisonnable de laisser les enfant se faire des rêves d'avenir.
Ne serait-il pas plus sûr pour leur bonheur futur, de se projeter sur des objectifs accessibles? Leur donner une chance raisonnable de les atteindre?
D'un autre côté, la société a besoin de faire émerger des gens visionnaires, des Einstein, des Martin Luther King, voire des Zuckerberg ou des Zidane...
Mais est-ce que cela vaut de créer en conséquence des millions (milliards?) de déprimés?
Ne vaudrait-il pas mieux avoir 7 milliards d'êtres humains qui ont un ego mesuré, qui participent à leur niveau à la société, et heureux de cela?
Le simple bonheur de participer à l'humanité, à la communauté des hommes. Suivi ses capacités, et récompensé pour cela.

Courage! Avec l'âge peut aussi venir la sagesse de profiter du présent pour ce qu'il est. Enfin, j'ose le croire à défaut de l'avoir atteint.

Commentaire de francois 91410 posté le 05-03-2017 à 11:23:36

Rêver, puis se donner les moyens d'accomplir ce rêve
Et s'évader, voyager d'une façon ou d'une autre
Pour sortir de la réalité telle que nous la voyons
Pour de vrai ou pour de faux

Aller rechercher la foule de ces petits bonheurs
Plutôt que de croire pouvoir accéder à un nirvana immédiat et même hypothétique
Croire dans le destin qui donnera le coup de pouce qu'il faut quand il le faudra
Et, même d'une simple pichenette, provoquer le destin

Alors tu pourras voir les choses autrement et profiter. Juste profiter

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