traversée des pyrénées par les sommets 1ère partie
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traversée des pyrénées par les sommets 1ère partie

Par philtraverses - 30-01-2010 14:56:24 - 5 commentaires


Aujourd'hui je me rembobine le film de ma traversée des pyrénées par les sommets. Sur un vieux projecteur qui grince et craque..

Pour que le vent d'hiver qui ne cesse de souffler n'emporte pas comme des bribes inutiles, au milieu de la poussière,ces purs moments de bonheur, ces instants magiques, que je suis comme un fil d'ariane quand il fait trop nuit, pour ne pas me perdre..

En partant de l'atlantique à hendaye les pyrénées commencent vraiment à la rhune, montagne qui paraitrait anodine si les soirs de tempête elle ne paraissait si menaçante et inhospitalière, si le vent n'y hurlait pas si fort  sa peine dans les cables électriques des installations tv  . 

 

 

 

le pic d'orhy premier 2000 en venant de l'atlantique. Les chemins y sentaient bon le buis et les prairies étaient si vertes qu'elles en devenaient aveuglantes. Il était si facile de se perdre dans le moutonnement des collines à perte de vue, ignorant les frontières.

 

 


Plus loin le pic d'Anie, au hasard d'un  détour lors d'une balade en raquettes, dressait sa pyramide au dessus de l'entrelac des failles, des grottes, creusées par l'eau depuis des milliénaires.
Au sommet, venue d'on ne sait ou, une foule bruyante d'espagnols riait à belles dents sa joie de vivre, m'imposant son bonheur d'être la et puis c'est tout 

 



Dans les profondeurs du pays basque espagnol, en partant de St Etienne de Baïgorry, la hautza offrait au passager de la pluie que j'étais ses curieux vestiges d'une mystérieuse occupation humaine.
Les vautours fauves passaient et repassaient dans le ciel, narguant le randonneur si lent et si maladroit  

 

 

 

Pic du midi d'ossau . Enfant j'allais aux lac d'ayous au moins une fois par mois avec mes parents. De la est né sans doute mon amour des pyrénées de la marche et de l'effort .
Je regardais avec envie et peur aussi cette pyramide parfaite. On disait qu'il était le cervin des Pyrénées.
Et si le cervin était l'ossau des Alpes..  Enfin, devenu plus grand, j'y allai en partant du col de suzon.
Ce fut une rencontre au sommet, quelques échanges simples, qui me remplirent d'aise, que je n'oublierai jamais, un sourire si doux qui trainait dans la rocaille hostile et un regard plus dur qu'un diamant 

 



pic d'arriel : La veille il avait beaucoup plu. En partant du caillou de socques je le vis, comme une apparition fantomatique, émerger dans la brume. Du sommet je plongeais mon regard dans les lacs d'arremoulit, 800 m plus bas, m'y perdant comme un narcisse, y plongeant mes pensées comme dans un bain de jouvence.

 



Le balaitous : du sommet atteint difficilement après avoir surmonté mon vertige je regardais la mer de nuages monter inéxorablement le long des pentes glacées et intraitables. Je m'imaginais que ma retraite était coupée
 et que je resterais là à jamais .

 

 


Le visaurin : Après avoir dépassé le lac d'estaens ce fut une longue marche dans la vallée des isards, qui paraissait ne jamais vouloir finir. Le col qui donnait accès au sommet paraissait si loin.
Enfin j'accédais au sommet capricieux . Au sommet une atmosphère étrange, pour je ne sais quelle raison le sentiment d'un paradis perdu, mais lequel

 

 


Le pic de sesques : je n'y ai jamais vu personne. Il est situé sur le territoire des ours des pyrénées.
Les bergers et les patous déambulent plus bas dans la vallée, dans la peur et la haine du plantigrade qui viendrait ruiner tous leurs efforts et le travail séculaire de leurs familles.
A son pied le lac d'isabe qui me paraissait si dur à atteindre quand j'y allais avec mes parents, il y a si longtemps. 

 


Le pic de ger. En partant d'Eaux bonnes sur des chemins oubliés et qui s'effacent peu à peu. Il dressait sa silhouette de calcaire apparement inaccessible au dessus de la station de gourette, indifférent à l'agitation des skieurs.
 



La grande fache: En partant du refuge de wallon au dessus de cauterets . Son nom me faisait penser qu'il avait été le lieu d'une dispute d'une grande facherie . Entre la montagne et les hommes peut être.
A chaque fois que j'y allais il me paraissait de plus en plus hostile et difficile pour une raison que j'ignore
  

 

 

Le vignemale : sa face nord tant photographiée se dressait au dessus des oulettes de gaube droite et fière, malgré la fonte du glacier qui s'accélérait d'année en année.
Telle une blessure tranchant la paroi, le mythique couloir de gaube, nirvana des pyrénéistes depuis toujours, me tentait 

 

 

 

Le grand barbat : Sommet méconnu au dessus du lac d'ilheou. Il fallait l'atteindre en cherchant sa voie  à travers les doutes et les incertitudes, comme dans la vie. Le faite s'atteignait en remontant une longue pente d'éboulis dont mes pieds faisaient rouler les pierres. De la haut je contemplais le lac d'iheou, si bleu, qui me renvoyait imperturbable à mes questions sans y répondre. 

 

 


La munia : je partais tôt ce matin là pour arriver au sommet avant la cohorte joyeuse des montagnards attirés par ce sommet, pilier du cirque d'estaube. Je l'avais déjà tenté une fois. Il m'avait rejeté, rebuté.
Finalement il n'était pas si dur. Plus de 1000 m plus bas mon regard plongeait sur la belle vallée de la pineta ou je devais aller après avoir dépassé les lacs de larri ou de la munia . Je jouissais de ma position sur son faite bien plus large que sa silhouette ne le laissait présager. 

 

 


le lustou : il était si solitaire au dessus de la vallée de rioumajou que j'ai passé des nuits à me demander, avant d'oser y aller, s'il me laisserait l'atteindre et si l'orage ne se déclencherait pas dès que je marcherais sur ses flancs. Ou si l'orage ne me piègerait pas dans la descente.  

 

 

 

Le batoua : sa longue crète sommitale n'en finissait pas. Comme un point virgule séparant les paragraphes d'une phrase, il s'étirait. Suspendu entre ciel et terre dans cette situation ou il n'y avait enfin plus à choisir je pouvais me laisser aller

 

 


Le pic de campbiel Vu du pic d'estaragne. Il se détachait sur un  ciel trop bleu pour mes yeux. Puis peu à peu le ciel est devenu laiteux, envahi par les cirrus annonciateurs de lendemains blafards. 
Du sommet je voyais le pic long à portée de conversation, si tentant.. et les montagnards arcboutés à la paroi peu fiable qui laissait dégorger la pierraille

 

 


Les pics d'enfer : En partant des bains de penticosa ou se pressent les curistes.
Le charme suranné de cette station balnéaire invitait à arpenter la montagne pour fuir les convenances, oublier les toilettes et parfums piquants de ces dames qui parlaient fort pour exister. J'aimais tellement le contraste violent entre les sommets, qui ressemblaient à la beauté minérale du poème de Baudelaire, et le bon gout bourgeois qui suintait, héritage du 19 ème siècle.   
 

 

le pic d'ardiden : cette nuit la, dans le refuge russel j'ai cru quelques instants connaitre  le bonheur absolu d'être dans  la maison que je dessinais autrefois sur mes cahiers d'écolier, la maison ou je serais protégé,ou rien ne pourrait m'atteindre, celle dont tous les enfants rêvent les soirs de tempête quant ils sont seuls dans leur lit 

 


pic de neouvielle : au dessus des étangs il se détachait envahi par les randonneurs. Il avait depuis longtemps perdu son glacier.
Du sommet étroit ou se bousculaient les randonneurs je laissais mon esprit vagabonder, surfer sur les myriades de lacs, imaginant les balades à faire en famille, peut être, un jour, ou jamais.  

 

 

le mont perdu : Du canyon d'arazas au sommet, les pyrénées déroulaient pour moi leur infini diversité. je pense toujours que c'est le plus beau sommet des pyrénées par ses contrastes, l'ampleur de ses pentes
qui n'en finissent pas. J'aime partir des villages abandonnés qui s'égrènent sur ses contreforts, la ou il y a eu autrefois de la vie, de l'amour aussi, des fêtes avec des chants et des danses.. et qui désormais s'écroulent dans l'indifférence..

 


Les astazous : De la brèche de tuquerouye je regardais le grand lac glacé, comme par un trou de serrure, surprenant l'intimité de la montagne, un peu voyeur .
Il est vrai qu'elle aimait se faire désirer . Ce n'est pas un hasard si la montagne est de sexe féminin:
Comme une femme elle peut passer de l'infini douceur à la plus grande cruauté ..

 

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5 commentaires

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 30-01-2010 à 16:15:00

Vraiment, il faut que tu rencontres le Mustang, vous auriez des choses à vous dire...

Commentaire de Mustang posté le 30-01-2010 à 21:06:41

un bel inventaire!

Commentaire de benoitb posté le 31-01-2010 à 21:58:05

Merci, c'est magnifique...

Commentaire de benoitb posté le 31-01-2010 à 22:32:55

Merci, c'est magnifique...

Commentaire de Pegase posté le 01-02-2010 à 12:09:32

Partant pour une traversée par le HRP ?

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