queyras ariege suite
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queyras ariege suite

Par philtraverses - 13-08-2013 11:15:34 - 6 commentaires

Après les 50 nuances de grey alpines, qui n'ont rien d'érotiques, sauf à trouver érotiques les sommets, j'espère lors de mon séjour au queyras, trouver enfin plus de soleil. 

Attention, il s'agit d'un érotisme de la ménagère de 40 ans, effrayée par sa propre hardiesse. Clin d'œil

Une pâle copie de anaïs NIN.. 

Me voilà au hameau de le roux au dessus d'abries, pour faire le bric froid, 3302m, troisième sommet du queyras après le pic de font sancte et le grand rochebrune.

A moins que ce ne soit le sommet qui me fasse.. 

Du parking, situé au bas du hameau, j'aperçois mon objectif du jour. Il me reste à gravir 1500m de dénivelé positif, dont plus de 1000m pour rejoindre le col des thures. 

Après deux kilomètres de piste, ou il est possible de courir, le sentier se décide enfin à monter. Cette montée vers le col des thures, empruntée par le gr, est assez fastidieuse. 

Me voila enfin au col des thures, ou le bric froid, tout la bas au bout d'une crète qui parait interminable, me nargue. Vu d'ici, il parait défendu par des barres rocheuses. En réalité, la sente contourne les principales difficultés et permet d'atteindre facilement le sommet. 

Il faudra, tout au plus, mettre une ou deux fois les mains. Juste pour le plaisir. 

L'itinéraire rejoint une première crète ou se trouvent des fils barbelés, vestiges sans doute de la guerre, puis atteint une deuxième crète, sur la droite du sommet. 

Un énorme cairn marque le sommet. 

J'essaie de repérer des chamois, des aigles, des vautours. Rien. Le ciel, comme la terre, sont des déserts, à l'unisson avec d'autres déserts, ceux là plus abstraits.  

En contrebas, ce qui reste du glacier. 

Je fais un rapide tour d'horizon. J'essaie de nommer les sommets. Sans succès, mon ignorance du queyras étant abyssale.

Je redescends doucement, essayant de retarder le moment fatidique ou je retrouverai mes soucis, qui m'attendent derrière la porte, tels des chiens fidèles.

Lorsque je rejoins à nouveau le col des thures, les premiers randonneurs qui font le tour du queyras arrivent. Commence la litanie des bonjour, à laquelle je ne saurais déroger. 

Finalement, il manque à ce sommet, peu décrit dans les guides et sur internet, un lac pour égayer ses pentes austères et le rendre plus attractif.  

Le lendemain, je décide d'aller à la pointe de la saume. C'est encore un beau et facile 3000, situé au dessus de ceillac et qui culmine à 3043 m d'altitude.

Environ 1500m de dénivelé pour le mériter. 

Le sentier, balisé en jaune, conduit à travers la forêt, au belvédère de la mouriere. C'est déjà un beau but de balade, pour les touristes. Comme d'habitude, je suis le premier à partir. L'avantage, sans doute le seul, d'être insomniaque et de se lever tôt. 

 

J'ai choisi de randonner seul, pour ne plus avoir à piaffer d'impatience en attendant que les autres se réveillent et se préparent. 

Après avoir dépassé le fameux belvédère de la mouriere, on arrive à un discret croisement, indiqué par un cairn et un panneau "la saume". 

Au début balisé en jaune, le sentier se perd un peu avant d'atteindre une première crète, que l'on passe à droite. 

On retrouve ensuite un bon sentier dans la caillasse, qui nous amènera jusqu'au bout. Après être passé à  flanc, étroit, le chemin, bien visible d'ailleurs sur la photo, atteint la crète, plus large.

Je rejoins enfin le sommet, après avoir évité un névé plus raide. La font sancte, point culminant du queyras, me fait face. 


Le chemin parcouru à la montée.. 


Hélas, l'horizon voilé et mon absence totale de talent artistique, ne permettent pas de restituer la grandeur de ces lieux et mon émotion.

Tout au plus, quelques photos volées, avec l'impatience qui me caractérise et m'a fait passer à côté d'un nombre innombrable de choses. Je n'ai jamais su apprivoiser les êtres et la matière.. 

Je redescends et croise un touriste, comme moi, mécontent de ne pas être le premier au sommet.


J'avais entendu parler de la turge de la suffie, un autre 3000m, culminant à 3024m, proposé par tous les tour opérator et situé dans la vallée des fonts de cervieres. 

Cette constance à proposer ce sommet, somme toute modeste, m'intriguait. Je décidai donc d'aller y voir. Après une longue route, se terminant en piste qui redevient à nouveau route, j'arrive à le bourgea et me gare au petit parking. 

La rando commence par la montée vers le grand et beau lac des cordes. Le chemin franchit un passage raide, équipé d'un cable, ou il faut mette les mains.

Au lac, atteint en moins d'une heure, je suis seul et je peux admirer à loisir cette belle étendue d'eau frémissante dans le vent matinal.  

Le silence, est la récompense qu'offre la montagne au randonneur assidu.  

 Suspendue au temps qui passe cruellement, la ligne de crète se joue de mes illusions perdues. 

Après avoir traversé le déversoir du lac, le sentier ou plutôt la sente, part vers la droite. D'une sorte de collet, je domine un petit lac, de l'étoile? 

Le montagne, est un rêve de pierre, qui ignore la tristesse et la peine et poursuit son chemin vers le haut. 

L'inutile est le sommet des civilisations et la valeur d'une civilisation se mesure à la place qu'elle donne à l'inutile, rituels, convenances .. 

Le sentier, oblique en direction d'un col, bien visible. Dans la pierraille, il se redresse, se fait plus net et finit par atteindre un col. 

Le cerveau n'oublie rien, les souvenirs ne se perdent pas : ils se transforment en névroses, phobies et autres. 

Pour chaque col, il est une légende, dont certaines sont désormais oubliées. Chaque col est la maison d'un géant habillé de vent. 

Assez visible, la sente évite quelques difficultés et finit par nous mener sous le sommet. 

En louvoyant au mieux, on atteint le sommet, après avoir mis un peu les mains sous le sommet. Juste pour ne pas ublier qu'on est, quand même, en haute montagne. 

Dans l'alignement, de la crète, on aperçoit le grand pic de rochebrune. Attention: roche pourrie. Finalement, ce sommet vaut pour la vue sur le pic de rochebrune, deuxième ou troisième sommet du queyras. 

 

 

 

 

En redescendant, alors que les nuages arrives, je jette un dernier coup d'oeil au lac des cordes.


Lors de la descente, les salut aux randonneurs qui montent, rythment mes pas. 

Besoin de se rassurer. de se trouver une proximité avec son semblable. Que sommes nous dans cet univers indifférent à notre présence mais qui pourtant nous subit. 

Une dernière vue sur le grand pic de rochebrune..

Mon séjour au queyras tire à sa fin. Après 9 sommets de 3000M et 3 autres randos, je peux dire que je reviendrai, si c'est possible. 

Une semaine de retour au travail, puis départ pour l’Ariège, du côté de Tarascon pour 15 jours. L'ariège que je connais bien mieux, même si pour l'instant je suis resté sur des sentiers relativement battus. 

Deuxième conclusion: il est possible, dans le queyras, de rester une journée sans voir personne, tout en ayant un sentiment de sécurité plus important qu'en ariege, en n'oubliant pas toutefois que, si on se blesse ou si on tombe, il y a peu de chances que quelqu'un vous retrouve avant plusieurs jours. 


La suite bientôt.. 

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6 commentaires

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 13-08-2013 à 11:23:40

Mais où sont les touristes ?

Commentaire de philtraverses posté le 13-08-2013 à 11:26:43

j'ai pas eu le temps de finir le billet.. Les touristes?? c'est moi .

Commentaire de Eric Kikour Roux posté le 14-08-2013 à 10:45:56

Bien belles rando que tu enlumines de ta prose non anodine, ni désagréable non plus...Au vu de l'affluence sur ces sentiers, et de l'immensité des panoramas à découvrir, d'en haut, l'envie est grande de s'y transposer!
Eric

Commentaire de philtraverses posté le 14-08-2013 à 18:48:20

j'aime assez les phrases paradoxales, genre celle sur les civilisations. Ca n'a pas grand sens c'est une affirmation gratuite, indémontrable, qui me vaudrait un zéro pointé en philo. Mais si c'est roland barthes qui l'écrit, le prof de philo lui léchera les pieds lol. Ce n'est pas ce qui est écrit qui a du sens et est populaire, mais celui qui l'écrit. kikourou le motre tous les jours..

Commentaire de Philkikou posté le 15-08-2013 à 12:08:19

Il voyage en solitaire
Et nul ne l'oblige à se taire
Il sait ce qu'il a à faire
Il chante la terre
Il reste le seul volontaire
Et puisqu'il n'a plus rien à faire
Plus fort qu'une armée entière
Il chante la terre

Et voilà le miracle en somme
C'est lorsque son billet est bon
Car c'est pour la joie qu'il lui donne
Qu'il chante la terre

Commentaire de Arclusaz posté le 07-09-2013 à 18:04:48

tes billets me bouleversent à chaque fois, curieux mélange d'extase et de désillusion.

La montagne sera toujours là, belle, dure et généreuse à la fois.

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